Imaginez un jardin vibrant de fleurs bleues, animé par les allers-retours des colibris durant tout l’été. Cette vision n’est pas une chimère, mais une réalité à portée de main. Contrairement à l’idée reçue selon laquelle ces oiseaux sont uniquement attirés par les fleurs rouges, les colibris s’intéressent également à d’autres teintes, à condition qu’elles soient riches en nectar.
EN BREF
- Les colibris privilégient les fleurs au nectar abondant, pas seulement les rouges.
- Des variétés comme les sauges ou les asters attirent ces oiseaux en quête de ressources.
- Pour maximiser l’attractivité, il est conseillé de planter en groupes et d’éviter les pesticides.
Les spécialistes soulignent que les colibris sont particulièrement friands des fleurs en forme de tube, de clochette ou à long éperon. Ces formes permettent à leur long bec de se nourrir facilement, tandis que l’odeur des fleurs importe peu dans leur choix. La période la plus cruciale se situe entre la mi-été et l’automne, lorsque ces oiseaux accumulent des réserves de graisse avant leur migration. Ce moment est déterminant, notamment entre fin août et début septembre, au Québec, où les fleurs bleues deviennent essentielles.
Parmi les plantes recommandées, on trouve les sauges, phlox, asters, lobélias et campanules. Ces variétés, souvent citées par les guides nord-américains, offrent des épis denses ou des clochettes ouvertes, facilitant l’accès au nectar pour les colibris. En outre, leur nectar reste souvent inaccessibile aux insectes plus petits, ce qui garantit aux oiseaux des sources de nourriture quasi exclusives. Ces fleurs, qui commencent à fleurir en été, prolongent également leur floraison jusqu’à l’arrivée des premières fraîcheurs, ce qui est un avantage considérable pour les colibris.
Face à la demande croissante pour ces variétés, certaines pépinières, comme Promesse de Fleurs, s’engagent à développer ces floraisons bleues. Pascal Griot, le fondateur, évoque l’exploration de nouveaux marchés européens et le renforcement de leur portefeuille de marques, signe d’un intérêt grandissant pour ces plantes nectarifères parmi les jardiniers et la filière professionnelle.
Pour garantir une floraison continue de l’été à l’automne, il est conseillé de combiner plusieurs espèces adaptées aux différents types de sol et de climat. Ces plantes figurent parmi les valeurs sûres repérées par les horticulteurs pour attirer les colibris, avec des floraisons échelonnées de juillet à octobre, en fonction des régions.
Par exemple, l’Agapanthus ‘Brilliant Blue’, atteignant environ 60 cm, prospère dans un sol frais et drainé, qu’il soit en plein soleil ou à l’ombre partielle. Le phlox ‘Blue Paradise’, pouvant atteindre 1,20 m, produit des panicules tubulaires bleu pervenche durant l’été et l’automne. Les asters Symphyotrichum, mesurant entre 60 et 150 cm, offrent un nectar tardif, tandis que la Lobelia siphilitica, qui fleurit de juillet à octobre dans les zones humides, constitue une ressource précieuse pour les colibris au moment de la migration.
Pour les jardins ensoleillés et secs, un mélange de Salvia yangii, Salvia azurea, Penstemon ‘Electric Blue’ et agastaches comme ‘Blue Fortune’ ou ‘Blue Boa’ crée un massif bleu très nectarifère, demandant peu d’arrosage. Dans des terrains plus frais, l’association de phlox ‘Blue Paradise’, d’asters bleus, de Stokesia laevis et d’Agapanthus ‘Brilliant Blue’ offre une diversité de hauteurs et un tapis constant de nectar. À proximité d’un fossé ou d’un bassin, combiner Lobelia siphilitica avec Campanula rotundifolia assure un relais sûr dans les sols humides.
Pour maximiser l’attractivité de ces scènes pour les colibris, il est préférable de planter en groupes serrés plutôt qu’en isolé. Il convient également d’éviter les variétés à fleurs très doubles, qui cachent le nectar, et de bannir les pesticides de ces zones. Limiter l’accès des chats est également crucial, car ces animaux détectent rapidement la présence des oiseaux. Bien que des mangeoires spécifiques puissent compléter l’alimentation, les floraisons bleues demeurent la ressource la plus naturelle, également prisée par les papillons et les abeilles, jusqu’à ce que les éclairs métalliques des colibris deviennent une partie intégrante du spectacle quotidien.