À Paris, les fontaines Wallace se distinguent par leur présence discrète et leur beauté intemporelle. Conçues en 1872 par le sculpteur Charles-Auguste Lebourg, ces fontaines vertes, ornées de quatre cariatides, ont été créées à la demande de Richard Wallace, un philanthrope anglais. Leur objectif était d’offrir de l’eau potable gratuite aux Parisiens, particulièrement après le siège de 1870 qui avait détruit les canalisations de la ville.
EN BREF
- Les fontaines Wallace, créées en 1872, continuent de fonctionner en hiver grâce à un système ingénieux.
- Un mécanisme permet de stopper l’eau avant le gel, évitant ainsi les dégâts sur la structure.
- Ces fontaines, au-delà de Paris, sont présentes dans plusieurs villes du monde comme Lisbonne et Tokyo.
La conception de ces fontaines ne doit rien au hasard. Conscients des rigueurs hivernales parisiennes, Wallace et Lebourg ont imaginé un système permettant d’éviter la stagnation de l’eau dans des tuyaux exposés au froid. Ce mécanisme repose sur une chaînette qui, lorsqu’elle est actionnée, ferme l’arrivée d’eau. Ainsi, dès les premières gelées, les employés municipaux peuvent stopper l’eau avant que le gel n’endommage la fontaine.
Ce choix, loin d’être anodin, a permis à la majorité des fontaines Wallace de survivre à des générations d’hivers sans subir de dommages. En effet, plutôt que de se fissurer sous la pression de la glace, ces fontaines s’arrêtent proprement. Ce processus, basé sur un savoir-faire artisanal, a fait ses preuves depuis plus de 150 ans.
Une intégration harmonieuse dans le paysage
Le vert wagon des fontaines n’est pas simplement une question d’esthétique. Cette teinte a été choisie pour les camoufler dans les espaces verts de la ville, permettant ainsi une intégration discrète dans le paysage parisien. Wallace souhaitait que ses créations s’harmonisent avec leur environnement, à l’opposé des monuments plus ostentatoires de l’époque haussmannienne.
Il existe quatre modèles de fontaines Wallace, mais c’est le grand modèle, avec ses cariatides représentant la Bonté, la Simplicité, la Charité et la Sobriété, qui est devenu emblématique. Ces statues, bien que souvent ignorées des passants, portent un symbole de philanthropie qui témoigne de l’esprit humanitaire de leur créateur.
Une gestion saisonnière précieuse
Les fontaines Wallace sont également uniques dans leur gestion. Chaque année, la mairie de Paris s’engage à fermer et rouvrir ces fontaines selon un calendrier météorologique précis. Ce rituel d’hivernage, presque artisanal, est essentiel pour préserver ces monuments. Ainsi, lorsque vous croisez une fontaine Wallace fermée en janvier, sachez qu’il ne s’agit pas d’une panne, mais d’une précaution bien réfléchie.
Parmi les centaines de fontaines Wallace présentes dans la capitale française, certaines ont voyagé bien au-delà des frontières. Des répliques peuvent être aperçues dans des villes comme Lisbonne, Montréal, Tokyo, et même Beyrouth. À Sarajevo, des fontaines ont été installées en hommage à l’aide humanitaire reçue pendant des périodes de crise, rappelant ainsi le geste originel de Wallace envers les Parisiens assiégés.
La prochaine fois que vous croiserez une fontaine Wallace, prenez un moment pour apprécier ce petit monument. Une œuvre d’art qui, à travers son histoire et son fonctionnement, incarne l’esprit de solidarité et d’innovation, tout en continuant à offrir de l’eau potable aux habitants de la ville lumière, même en plein hiver.