La capacité d’épargne des Français subit une pression croissante, reflétée par les résultats du dernier baromètre de BPCE L’Observatoire. La hausse des tarifs de la vie quotidienne incite de nombreux ménages à revoir à la baisse leurs projets d’épargne. En effet, 28 % des personnes interrogées envisagent de réduire leur épargne, un chiffre qui marque une hausse significative par rapport à l’année précédente.
EN BREF
- 28 % des Français prévoient de réduire leur épargne, contre 20 % en 2025.
- 84 % des personnes interrogées jugent l’inflation comme leur principale préoccupation.
- 43 % souhaitent déménager dans les trois prochaines années, mais l’accès au crédit reste difficile.
Le Baromètre Assurances 2026 de BPCE L’Observatoire, publié le 15 octobre, souligne cette tendance inquiétante. Alors que seuls 16 % de l’échantillon projettent d’épargner davantage, une chute de 8 points par rapport à l’année précédente, les préoccupations liées au pouvoir d’achat dominent les esprits. L’inflation demeure la première source d’inquiétude pour 84 % des Français, reléguant d’autres préoccupations telles que les tensions géopolitiques (73 %) et l’insécurité (70 %) au second plan.
Cette situation modifie les priorités des ménages. L’épargne n’est plus perçue comme un moyen de financer des projets, mais plutôt comme une protection contre les imprévus. Ainsi, 39 % des personnes interrogées affirment mettre de l’argent de côté pour faire face aux « temps difficiles », tandis que seulement 15 % envisagent de l’épargner pour des vacances et 10 % pour un achat immobilier.
Projets immobiliers : un désir face aux obstacles
Malgré cela, le désir de se lancer dans des projets immobiliers reste présent. 43 % des Français envisagent de déménager dans les trois prochaines années, un chiffre qui grimpe à 69 % chez les jeunes adultes de 18 à 24 ans. Cependant, les obstacles à la réalisation de ces projets sont considérables. BPCE met en lumière les difficultés d’accès au crédit, avec un apport personnel exigé pour les primo-accédants qui a bondi, passant d’environ 10 % en 2020 à 16 % ces deux dernières années.
Les tensions économiques impactent également les choix en matière d’assurance. Alors que 60 % des sondés s’inquiètent des catastrophes naturelles et 65 % des cyberattaques, 36 % des Français seraient prêts à payer plus cher pour bénéficier d’une meilleure protection. En revanche, près d’un tiers des répondants (30 %) seraient disposés à réduire leur couverture en échange d’une baisse de leur cotisation.
Un dilemme financier pour les ménages
Cette situation met en lumière le dilemme auquel font face les ménages : maintenir un budget équilibré aujourd’hui tout en se protégeant contre les risques futurs. Lors du choix de leur assurance, ils accordent presque autant d’importance à la rapidité de l’indemnisation en cas de sinistre (26 %) qu’au prix de la prime (25 %).
En somme, la capacité d’épargne des Français se trouve à un tournant critique. Les incertitudes économiques exacerbent les défis financiers quotidiens, tout en limitant les possibilités d’investissement à long terme. L’avenir de l’épargne est donc plus que jamais en jeu, et les ménages doivent naviguer dans un environnement économique de plus en plus complexe.