Les Françaises et la sexualité : une baisse significative des relations sexuelles

Une étude récente de l’Ifop pour Passage du désir révèle que les Françaises ont de moins en moins de relations sexuelles. En effet, seulement 28% des femmes déclarent avoir des rapports au moins une fois par semaine, une chute de 12 points par rapport à 2005, où elles étaient 40%.

EN BREF

  • 28% des Françaises rapportent des relations sexuelles hebdomadaires, en baisse de 12 points en 20 ans.
  • La sexualité perd son statut central dans les couples, avec un focus sur d’autres formes d’attachement.
  • Les femmes s’affirment davantage dans leurs désirs et choisissent de réduire la pression liée à la sexualité.

Évolution des rapports sexuels

Cette étude met en lumière une évolution significative de la perception de la sexualité parmi les jeunes femmes. Selon la sexologue Thérèse Hargot, invitée sur RMC, les femmes prennent conscience de leurs désirs et veulent s’affirmer dans l’intimité. Elle déclare que cela constitue un progrès : “Les femmes arrivent davantage à s’affirmer dans l’intimité”.

Les témoignages de couples illustrent cette nouvelle approche. Diane, en couple depuis un an, souligne que ne pas avoir de rapports toutes les semaines ne l’inquiète pas. “C’est bien et c’est normal de ne pas avoir de pression”, affirme-t-elle. Son partenaire, Lucas, renchérit en précisant que “quand dans le couple ça se passe bien, qu’il y a de la communication, ce n’est pas une problématique”.

Une sexualité redéfinie

Des femmes comme Maëlle, 27 ans, partagent ce ressenti. En couple depuis un an et demi, elle remarque que la pression d’avoir des rapports sexuels pour le plaisir de la performance a diminué. “On a envie d’avoir de meilleures qualités relationnelles”, déclare-t-elle. Les couples semblent privilégier des moments de qualité sans nécessairement passer par le sexe, ce qui reflète une redéfinition de ce que signifie être en couple.

En dépit de cette tendance, 68% des Françaises jugent que la sexualité reste essentielle à leur bonheur amoureux, bien que ce chiffre ait chuté de 13 points en deux décennies. Pour certaines, le sexe demeure un moyen d’évasion et de plaisir. Diane explique que “c’est comme une séance de sport, c’est le seul moment où je ne pense à rien”, soulignant l’importance du plaisir et de la déconnexion qu’elle procure.

Les défis du plaisir féminin

Malgré ces avancées, de nombreuses femmes peinent encore à accéder à leur propre plaisir. Thérèse Hargot affirme que “le corps des femmes est fait pour la jouissance” mais que beaucoup d’entre elles ne se connaissent pas suffisamment pour en profiter pleinement. Cette difficulté à être connectée à soi-même et à l’autre représente un obstacle à l’épanouissement sexuel.

Il est essentiel de continuer à aborder ces questions pour encourager un dialogue ouvert sur la sexualité et le désir. L’évolution des mentalités et des pratiques sexuelles constitue un terrain fertile pour un épanouissement personnel et relationnel. Les femmes d’aujourd’hui semblent vouloir redéfinir les normes, et cela pourrait bien transformer le paysage des relations amoureuses pour les générations futures.