Les escroqueries par manipulation connaissent une augmentation alarmante en France, représentant désormais plus de 40 % des fraudes aux moyens de paiement. Ce constat a été formulé à l’occasion de la publication d’un bilan par l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP) de la Banque de France, ce lundi.
EN BREF
- Les escroqueries par manipulation ont augmenté de 34 % en 2025.
- Le montant total des fraudes s’élève à 1,24 milliard d’euros.
- Les banques appellent à une action collective pour lutter contre ces arnaques.
Les dernières statistiques révèlent que les montants associés à ces arnaques, où les fraudeurs se font passer pour des conseillers bancaires pour inciter les victimes à effectuer des opérations frauduleuses, ont atteint 516 millions d’euros. Parallèlement, la fraude totale a progressé de 3,8 %, atteignant 1,24 milliard d’euros, malgré une baisse de 8 % du nombre de transactions frauduleuses. Ce paradoxe souligne l’évolution des méthodes employées par les escrocs.
Julien Lasalle, secrétaire de l’OSMP, a souligné lors d’une conférence de presse que « il n’y a pas de population qui est exempte de ce type de fraude ». Les victimes peuvent être aussi bien des jeunes que des personnes âgées ou des catégories socio-professionnelles supérieures. La montée en puissance des arnaques par manipulation est en grande partie due aux nombreuses fuites de données survenues ces derniers mois, qui ont considérablement renforcé les capacités d’action des fraudeurs.
Denis Beau, président de l’OSMP, a noté que ces fuites « favorisent la diffusion de techniques de fraude par manipulation ». Les escrocs peuvent ainsi personnaliser leurs communications, rendant leurs tentatives d’hameçonnage plus crédibles. Par exemple, un faux message de la Sécurité sociale devient plus convaincant s’il contient des informations personnelles telles que le numéro de Sécurité sociale de la cible.
Face à cette montée des fraudes, la Fédération française bancaire (FBF) a lancé un appel aux acteurs du numérique et des télécommunications pour qu’ils se mobilisent activement. Elle demande notamment un retrait plus rapide des contenus frauduleux et un meilleur contrôle des annonceurs. Les banques souhaitent également un renforcement du filtrage des messages et appels usurpés afin de protéger les consommateurs.
État des moyens de paiement
Concernant les moyens de paiement, la carte bancaire reste le choix privilégié des Français, avec un taux de fraude qui a chuté à 0,047 %, un niveau historiquement bas. Le paiement mobile continue de croître, représentant presque un paiement de proximité sur cinq. En revanche, les virements instantanés prennent de l’ampleur, avec une augmentation de 78 % sur un an, représentant près d’un virement sur six.
À l’opposé, les paiements par chèque connaissent une nette dégringolade, ne représentant plus que 1,9 % des paiements scripturaux. Le montant des transactions par chèque a ainsi chuté de 46 % depuis 2020, indiquant un changement des habitudes de consommation des Français.
Les chiffres révélés par l’OSMP témoignent d’une évolution préoccupante du paysage des fraudes bancaires, marquée par une sophistication croissante des arnaques. Les autorités et les institutions financières doivent intensifier leurs efforts pour protéger les consommateurs et contrer cette tendance alarmante.