Les Houthis revendiquent des frappes sur Riyad : escalade militaire au Yémen

Les tensions militaires entre l’Arabie saoudite et le Yémen connaissent une nouvelle intensification. Ce lundi, les rebelles houthis ont déclaré avoir attaqué plusieurs installations saoudiennes, dont l’aéroport international de Riyad, utilisant des drones, des missiles balistiques et des missiles de croisière. Le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, a également rapporté des frappes ciblant des sites militaires et des aéroports dans le sud du royaume. Dans la soirée, des explosions puissantes ont été entendues à Riyad, signalant l’ampleur de ces attaques.

EN BREF

  • Les Houthis ont frappé l’aéroport de Riyad et d’autres cibles en Arabie saoudite.
  • La coalition saoudienne a réagi par des frappes sur des positions houthies à Al-Hodeïda.
  • Un accord de défense mutuelle entre la Turquie, le Pakistan et l’Arabie saoudite a été activé.

Les répercussions de ces attaques ne se limitent pas aux seuls sites militaires. En réponse, la coalition dirigée par l’Arabie saoudite a annoncé avoir mené des frappes sur des cibles militaires à Al-Hodeïda, un port stratégique de la mer Rouge contrôlé par les Houthis. Le porte-parole de la coalition, Turki Al-Malki, a affirmé que les forces navales avaient neutralisé des dépôts d’armes, des installations abritant des bateaux piégés et des mines, tout en empêchant une attaque prévue contre les voies navigables du sud de la mer Rouge.

Cette escalade survient après la reprise des hostilités en juillet entre les Houthis et les forces gouvernementales yéménites, soutenues par Riyad. Depuis leur offensive en septembre, les Houthis ont réussi à s’emparer de l’ensemble du littoral ouest du Yémen. Dimanche dernier, les forces gouvernementales, avec l’appui de l’aviation saoudienne, ont annoncé une contre-offensive, rapportant plus de 1.000 frappes et une offensive vers Sanaa, la capitale contrôlée par les Houthis depuis 2015.

Les tensions militaires ont également conduit à une réunion à Riyad entre la Turquie, le Pakistan et l’Arabie saoudite, où les trois pays ont décidé d’activer leur accord de défense mutuelle, signé en août à La Mecque. Ils ont convenu de passer à l’action immédiate pour déployer les forces militaires convenues dans le royaume. C’est une première mise en œuvre de cet accord qui associe la Turquie, membre de l’OTAN, à l’Arabie saoudite et au Pakistan, puissance nucléaire.

Les frappes des Houthis ont également visé des infrastructures énergétiques essentielles, notamment l’oléoduc Est-Ouest saoudien, qui a été mis à l’arrêt. Le directeur d’Aramco a averti que les stocks mondiaux de pétrole étaient à un niveau « dangereusement faible ». Les Houthis ont par ailleurs signalé que l’espace aérien saoudien n’était « pas sûr », tout en précisant qu’ils n’avaient pas l’intention de cibler Médine et La Mecque, des lieux saints de l’islam.

Les combats se concentrent également sur le littoral yéménite et autour du détroit de Bab el-Mandeb, un passage stratégique pour le transport des hydrocarbures. La coalition saoudienne a affirmé qu’elle assurait la protection aérienne de ce détroit, tandis que les Houthis y ont renforcé leur contrôle en septembre. Lundi, des sources militaires ont indiqué que les forces progouvernementales avaient réussi à couper la seule voie d’approvisionnement vers Mokha, un port que les Houthis avaient conquis le mois dernier, sans toutefois confirmer officiellement sa reprise.

Cette escalade montre la gravité de la situation dans la région et rappelle les enjeux géopolitiques complexes qui entourent le conflit yéménite. Les acteurs internationaux se retrouvent face à des décisions cruciales alors que le conflit s’intensifie, menaçant la stabilité non seulement du Yémen mais de l’ensemble de la région du Moyen-Orient.