Dans un monde où les consommateurs sont de plus en plus soucieux de leur santé, les étiquettes « sans conservateur » ou « sans colorant » attirent l’œil. Pourtant, derrière ces promesses se cachent souvent des substances chimiques controversées. Cette situation, dénoncée par l’application Yuka et l’association Que Choisir Ensemble, soulève des questions sur la transparence et l’honnêteté des marques alimentaires.
EN BREF
- Vingt produits populaires épinglés pour des mentions trompeuses sur l’étiquetage.
- Des additifs controversés dissimulés dans des aliments présentés comme sains.
- Appels à des sanctions et à une enquête nationale sur ces pratiques de marketing.
Le phénomène, souvent désigné sous le terme « additive washing », s’inspire du greenwashing, une pratique consistant à embellir la réalité d’un produit pour le rendre plus attrayant. Les marques exploitent cette technique pour donner l’illusion que leurs produits ultratransformés sont sains, en mettant en avant l’absence de certains additifs, tout en dissimulant d’autres composants controversés.
Parmi les marques visées, on trouve des produits tels que les madeleines Ker Cadélac, qui se targuent d’être « sans colorant, sans conservateur », ou encore le cordon-bleu Père Dodu, qui promet d’être « sans exhausteur de goût ». Cependant, en vérité, ces produits contiennent souvent plusieurs additifs, parfois jusqu’à huit dans une seule recette.
Cette situation est alarmante, car certains de ces ingrédients peuvent avoir des effets néfastes sur la santé. Par exemple, cinq références de ces produits contiennent des mono et diglycérides d’acides gras (E471), qui, selon des études de l’Inserm, sont liés à un risque accru de cancers et de maladies cardiovasculaires. De plus, sept autres produits dépassent la dose journalière limite de phosphates, particulièrement préoccupante pour les jeunes enfants, ciblés par des produits tels que les brioches, les sirops ou les bonbons.
Julie Chapon, co-fondatrice de Yuka, a exprimé son inquiétude face à cette stratégie marketing. « Cette manœuvre contribue à brouiller l’information au lieu d’éclairer les choix des consommateurs », a-t-elle déclaré. Marie-Amandine Stévenin, présidente de Que Choisir Ensemble, a également appelé à une action. « Nous demandons aux marques de retirer immédiatement ces mentions trompeuses. Il est essentiel que la DGCCRF ouvre une enquête nationale pour évaluer l’ampleur de ces pratiques induisant les consommateurs en erreur », a-t-elle ajouté.
La liste des produits concernés comprend non seulement des confiseries comme les bonbons Haribo Miami Pik, mais également des articles courants tels que le burger Président, les wraps Old El Paso, et le riz Ben’s Original. Contactées, plusieurs marques, dont Ker Cadélac, Old El Paso et Alsa, ont nié toute infraction, affirmant que leurs produits respectent les normes en vigueur.
Cette affaire soulève un véritable débat sur la responsabilité des marques et la nécessité d’une réglementation plus stricte pour protéger les consommateurs. Alors que les préoccupations sanitaires sont croissantes, il est impératif que la transparence soit au cœur des pratiques commerciales des entreprises alimentaires.