Les papas Dépakine réclament une indemnisation équitable pour leurs enfants handicapés

Le 10 mars 2026, un groupe d’hommes, surnommés les « papas Dépakine », a lancé un appel pressant au gouvernement français pour réclamer une indemnisation similaire à celle accordée aux mères dont les enfants sont nés avec des malformations ou des troubles du neurodéveloppement en raison de la prise de Dépakine. Ces pères, qui ont utilisé cet antiépileptique pour traiter leur épilepsie, attendent une reconnaissance officielle de la part de l’État.

EN BREF

  • Les papas Dépakine demandent une indemnisation équivalente à celle des mères.
  • Une étude de 2025 a confirmé le lien entre la Dépakine et les handicaps des enfants.
  • La sénatrice Silvana Silvani soutient leur demande et prévoit une réunion avec le gouvernement.

Depuis plusieurs années, les mères ayant pris de la Dépakine ont eu la possibilité d’obtenir une indemnisation de la part de l’ONIAM, l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux. Cette reconnaissance, intervenue en 2016, a mis en lumière les conséquences graves que cette substance peut avoir sur le développement des enfants. La situation des pères, cependant, n’a été reconnus que récemment.

Jean-Marc Laurent, l’un des papas concernés, a partagé son témoignage. Sa fille Margaux, âgée de 17 ans, souffre d’un handicap sévère. « Ce que je demande, ce n’est pas du tout un privilège, c’est une égalité de traitement dans le dispositif de l’ONIAM », déclare-t-il. Pour lui, il est essentiel que les pères bénéficient des mêmes droits que les mères, étant donné que le médicament et ses effets sont les mêmes.

Le lien entre la prise de Dépakine par les pères et le handicap de leurs enfants a été établi plus récemment, mais des études ont révélé qu’il existe plus de 500 enfants touchés. L’exemple de Saïda Zerouali illustre la gravité de la situation. Son père a pris de la Dépakine dans les années 80, et son frère de 40 ans est lourdement handicapé. Saïda souligne l’urgence de l’indemnisation : « Aujourd’hui, mon frère handicapé est en chaise roulante. Mon père et ma mère, qui ont plus de 70 ans, doivent s’occuper de lui. Nous avons besoin d’un soutien immédiat. »

Le fonds de l’ONIAM a déjà indemnisé environ un millier d’enfants de mères ayant pris ce médicament, avec des compensations pouvant atteindre un million d’euros par enfant. Toutefois, ce sont uniquement les finances de l’État qui soutiennent ce fonds, sans contribution de Sanofi, le laboratoire à l’origine de la Dépakine.

Marine Martin, présidente de l’Apesac, l’association des victimes de la Dépakine, a reçu de nombreux témoignages de pères qui ont engagé des procédures judiciaires et demandent également une indemnisation. Elle appelle à une révision de la loi, précisant que le dispositif doit être élargi pour inclure les pères. « Il faut amender le dispositif qu’on avait créé uniquement pour les femmes », insiste-t-elle.

La sénatrice Silvana Silvani, qui s’est portée à leur secours, a prévu un rendez-vous avec les conseillers du cabinet de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist. Elle espère que la question de l’indemnisation des papas Dépakine sera intégrée dans les lois de budget ou de sécurité sociale à venir cet automne.

La situation des papas Dépakine met en lumière un besoin urgent de reconnaissance et d’équité dans le traitement des victimes de la Dépakine. Les démarches administratives et les conséquences financières des handicaps engendrés par ce médicament soulignent la nécessité d’une réponse rapide et adaptée de la part des autorités.