Depuis la disparition tragique de leur fils Emile, le 8 juillet 2023 dans le hameau du Haut-Vernet, Marie et Colomban Soleil ont choisi de rester discrets. Toutefois, la publication du livre-enquête de Valentin Doyen, intitulé “Emile : les zones grises de l’enquête”, les pousse à sortir de leur silence. Ce dimanche 3 mai 2026, ils ont décidé de s’exprimer dans une tribune parue dans Le Journal du Dimanche.
EN BREF
- Les parents d’Emile dénoncent les violations du secret de l’instruction par les médias.
- Ils critiquent le livre de Valentin Doyen pour sa partialité et ses comparaisons indécentes.
- La mort d’Emile reste inexpliquée malgré les investigations en cours.
Dans leur déclaration, Marie et Colomban Soleil expriment une profonde gravité face à la situation. Ils condamnent ce qu’ils qualifient d’“innombrables violations du secret de l’instruction” par certains journalistes, en particulier Valentin Doyen. Selon eux, ce dernier relaye des “fantasmes” sans avoir pu vérifier les informations fournies par ses sources.
Les parents affirment que l’ouvrage de Doyen n’est pas véritablement un livre d’enquête, mais plutôt un récit qui, comme d’autres médias, reprend partiellement des éléments de l’enquête judiciaire qui reste secrète. Ils soulignent que l’auteur semble ignorer l’essentiel des faits, ce qui nuit à la compréhension de la situation réelle.
Ils ne s’arrêtent pas là et accusent Doyen d’avoir effectué un parallèle inapproprié entre sa propre vie et celle de leur famille endeuillée. “Il a fait de la disparition de notre enfant une ‘affaire personnelle’, établissant une comparaison indécente entre ses souffrances et les nôtres”, déclarent-ils. Cette phrase révèle leur indignation face à ce qu’ils considèrent comme une exploitation de leur douleur pour des raisons personnelles.
En outre, Marie et Colomban Soleil dénoncent les dérives de certains médias qui, selon eux, ont violé le secret de l’instruction durant ces trois dernières années. Ils insistent sur le fait que “tout n’est pas justifiable par la liberté de la presse”. Pour eux, ceux qui ont divulgué ou commenté des éléments confidentiels de l’affaire portent une responsabilité immense et doivent en être conscients.
Aujourd’hui, la mort d’Emile demeure mystérieuse, et les parents, malgré leur douleur, continuent à rechercher des réponses. Ils peuvent compter sur le soutien de leurs proches, notamment Anne et Philippe Vedovini, les grands-parents maternels d’Emile, qui ont été présents lors de ses derniers instants. Les investigations se poursuivent au Haut-Vernet, où l’enfant a été vu pour la dernière fois.
Les enquêteurs ont lancé une campagne de récolte d’ADN auprès des habitants et des personnes présentes le jour de la disparition d’Emile. Plus de 100 profils génétiques ont été collectés et vont être analysés en lien avec l’ADN retrouvé sur les restes de l’enfant, découverts en mars 2024, plus de huit mois après sa disparition.
Le drame de la famille Soleil met en lumière les enjeux de la couverture médiatique dans des affaires sensibles, où le respect de la vie privée et du secret de l’instruction se heurte souvent à la quête de sensations fortes par certains journalistes. La douleur des parents d’Emile appelle à une réflexion sur les limites de la liberté de la presse face à la souffrance humaine.