Les élections législatives israéliennes ont eu lieu ce mercredi, et malgré une victoire en termes de voix, le Premier ministre sortant Benyamin Netanyahou ne dispose pas d’une majorité pour gouverner. À la tête d’une coalition qui inclut son parti, le Likoud, il a obtenu 54 sièges sur les 120 que compte la Knesset. En parallèle, les deux formations arabes, Raam et la Liste unifiée, se sont révélées comme des acteurs majeurs, réunissant autour de 17 sièges, une performance significative dans un paysage politique fragmenté.
EN BREF
- Benyamin Netanyahou ne détient pas la majorité après les élections législatives.
- Les partis arabes, Raam et la Liste unifiée, émergent comme des forces influentes.
- Des négociations cruciales s’annoncent pour déterminer la future gouvernance d’Israël.
Pour obtenir la majorité, il faut atteindre 61 sièges. Les résultats du scrutin montrent une compétition serrée, ce qui rend les négociations vitales pour l’avenir politique d’Israël. Les experts estiment que ces discussions détermineront non seulement la capacité de Netanyahou à maintenir son poste, mais aussi le sort de l’opposition, et la possibilité de nouvelles élections si aucun accord n’est trouvé.
Frédéric Encel, docteur en géopolitique et professeur à Sciences Po Paris, souligne que la coalition sortante ne pourra pas être reconduite. Bien que le Likoud ait enregistré un score historiquement bas, Netanyahou conserve une certaine aura en tant que leader face aux menaces pesant sur le pays. Toutefois, son affaiblissement est manifeste, et plusieurs acteurs politiques expriment une hostilité croissante à son égard. Avigdor Liberman, leader du parti Israel Beytenou, et d’autres anciens alliés ont clairement manifesté leur refus de collaborer avec lui.
Un précédent historique de gouvernement d’union nationale existe en Israël, remontant à 1984, lorsqu’un accord similaire avait été mis en place entre le Likoud et l’Alignement. Cependant, la situation actuelle semble rendre cette option peu envisageable. La majorité des citoyens israéliens semblent vouloir se débarrasser d’un Premier ministre qu’ils jugent corrompu, ce qui complique davantage la formation d’une coalition stable.
L’autre issue potentielle serait une coalition dirigée par Gadi Eisenkot, qui pourrait compter sur le soutien des partis arabes. Cependant, l’établissement d’une telle majorité ne sera pas aisé, car certains alliés traditionnels, comme Liberman, pourraient s’opposer à cette alliance. Le Likoud a d’ores et déjà dénoncé les partis arabes, les accusant de soutenir des positions extrêmes et menaçantes pour l’État juif.
Les partis arabes, pour leur part, sont déterminés à jouer un rôle actif dans cette nouvelle configuration politique. Ils souhaitent s’impliquer dans le processus décisionnel pour renforcer leur influence. Ils se sont longtemps sentis marginalisés, mais la dynamique actuelle pourrait leur permettre de revendiquer une place plus centrale au sein des institutions israéliennes.
En outre, si Gadi Eisenkot parvient à s’imposer, une évolution des politiques concernant le dossier palestinien pourrait être envisageable. Contrairement à Netanyahou, qui est tributaire des partis d’extrême droite, Eisenkot pourrait avoir la liberté de réduire la pression humanitaire sur Gaza et d’initier des négociations avec l’Autorité palestinienne.
Enfin, si aucune des deux coalitions ne parvient à former une majorité dans les semaines à venir, des élections anticipées pourraient devenir inévitables. Le président israélien Isaac Herzog a d’ores et déjà appelé l’ensemble des partis à œuvrer pour éviter cette situation, conscient des tensions qui pèsent sur le pays.