La profession de pêcheur français se trouve dans une situation critique en raison de l’envolée des prix du gazole, qui a atteint des niveaux alarmants. Les pêcheurs, inquiets pour l’avenir de leur activité, réclament des mesures d’urgence pour faire face à cette crise.
EN BREF
- Les prix du gazole ont presque doublé en dix jours, passant de 60 à 90 centimes le litre.
- Les pêcheurs appellent à des aides financières pour survivre face à cette hausse.
- Des réunions sont prévues pour discuter de solutions avec le gouvernement.
David Le Quintrec, fileyeur et patron de l’Union française des pêcheurs artisans (UFPA), exprime son désarroi. En déchargeant sa pêche sur le port de Lorient, il souligne l’impact dévastateur de cette augmentation des coûts de carburant sur leur activité. La guerre en Iran a précipité cette flambée des prix, rendant la situation encore plus précaire pour les pêcheurs. « C’est en train de nous tuer », déclare Stéphane Pochic, armateur à Loctudy, illustrant l’angoisse partagée par de nombreux professionnels du secteur.
La hausse des prix du gazole a des répercussions directes sur la rentabilité des métiers de la mer. Jérôme Nicol, directeur d’exploitation de l’Armement de la pêche artisanale de Keroman (Apak), avertit que si le prix du gazole dépasse l’euro le litre, plusieurs chalutiers resteront à quai, rendant impossible toute activité de pêche. « Nous avons dépassé le seuil de rentabilité. Nous travaillons à perte », déplore Christophe Collin, directeur de l’Armement bigouden.
Les pêcheurs se trouvent dans une situation où ils ne peuvent pas répercuter cette hausse des charges sur les prix de vente de leurs produits, qui sont fixés aux enchères à la criée. Face à une telle impasse, les appels à l’aide se multiplient. Le comité national des pêches a récemment demandé des « mesures d’urgence » pour faire face à cette hausse des prix considérée comme insoutenable.
La situation est d’autant plus préoccupante qu’elle s’inscrit dans un contexte économique déjà fragile, marqué par les conséquences du Brexit, de la pandémie de Covid-19 et du conflit en Ukraine. En mars 2022, les pêcheurs avaient déjà bénéficié d’une aide exceptionnelle de l’État, équivalente à 35 centimes par litre de gazole, et ils espèrent que des mesures similaires seront mises en place rapidement.
Pour faire face à cette crise, David Le Quintrec propose un plafonnement des prix du gazole autour de 60 centimes le litre, ainsi que l’augmentation des taxes sur les produits de la mer importés. Ces mesures pourraient, selon lui, soulager les pêcheurs tout en renforçant la compétitivité de la pêche française.
Du côté des autorités, Maël de Calan, président du conseil départemental du Finistère, a écrit à Catherine Chabaud, ministre de la Mer, pour demander un rétablissement rapide des aides au carburant pour les pêcheurs professionnels. « Nous surveillons la situation de près », a déclaré le ministère de la Mer, qui a également prévu une réunion à Bercy avec Maud Bregeon, ministre déléguée à l’Énergie, pour examiner les possibilités d’aide à apporter à la filière.
Ce contexte de crise soulève de nombreuses interrogations sur l’avenir de la pêche en France et sur les mesures à prendre pour garantir la viabilité de cette profession essentielle à la culture et à l’économie maritime de notre pays.