Le 26 mars 2026, les Philippines ont accueilli une cargaison de plus de 700 000 barils de pétrole brut russe, marquant ainsi une première depuis cinq ans. Cette arrivée intervient alors que le pays fait face à une urgence énergétique exacerbée par la guerre au Moyen-Orient. Le navire, le Sara Sky, battant pavillon sierra-léonais, a été vu ancré dans le port de Limay, près de Manille, où se trouve la raffinerie des Philippines, Petron.
EN BREF
- Les Philippines ont reçu leur première cargaison de pétrole russe depuis cinq ans.
- La livraison intervient en raison d’une crise énergétique liée à la guerre au Moyen-Orient.
- Le gouvernement met en place des mesures pour sécuriser l’approvisionnement en énergie.
Ce transport de pétrole, provenant de l’oléoduc russe Sibérie-Pacifique (ESPO), s’inscrit dans un contexte où le coût des importations de carburant a considérablement augmenté. L’archipel, dépendant de l’importation d’hydrocarbures, a vu sa situation se compliquer davantage avec le blocage de facto du détroit d’Ormuz par l’Iran, une voie par laquelle transite une grande partie de la production mondiale d’énergie.
La porte-parole de la présidence, Claire Castro, a confirmé l’achat de pétrole russe, et le directeur général de Petron, Ramon Ang, avait auparavant déclaré que l’entreprise était en pourparlers pour cet achat. Bien que Petron n’ait pas officiellement reconnu l’arrivée de la cargaison, sa confirmation par des sources anonymes souligne l’importance de cette livraison pour le pays.
Une réponse à l’urgence énergétique
Le président philippin Ferdinand Marcos a évoqué la nécessité d’explorer des sources d’énergie alternatives, et a déclaré que le pays ne pouvait pas se permettre d’écarter aucune option, notamment en raison de la réduction des réserves de carburant qui ne permettent qu’environ 45 jours de consommation. « Nous avons essayé d’explorer d’autres sources qui ne sont pas affectées par la guerre en cours au Moyen-Orient », a-t-il affirmé.
Pour l’économiste Ser Pena Reyes, cet achat pourrait contribuer à stabiliser les prix à court terme, bien que les Philippines aient tout intérêt à maintenir des relations solides avec leurs partenaires traditionnels tout en investissant dans les énergies renouvelables. « La Russie peut être un fournisseur complémentaire utile », a-t-il ajouté.
Parallèlement, le ministère philippin de l’Énergie a annoncé l’arrivée de 142 000 barils de gazole en provenance du Japon, dans le cadre d’un plan d’approvisionnement supplémentaire qui pourrait atteindre 2 millions de barils. La ministre Sharon Garin a décrit cette livraison comme une « mesure proactive » pour garantir l’approvisionnement en carburant.
Vers un avenir énergétique diversifié
Le président Marcos a également annoncé qu’un nouveau puits offshore, prévu pour être opérationnel d’ici le dernier trimestre de 2026, prolongerait la durée de vie du gisement gazier de Malampaya, qui fournit environ 40% de l’électricité à Luzon, la principale île des Philippines. Ce nouveau puits devrait doubler le volume de gaz pouvant être produit à partir des réserves restantes.
Dans un contexte où les Philippines sont souvent confrontées à des pannes de courant, le gouvernement prévoit d’augmenter la production de ses centrales à charbon pour maintenir des coûts abordables, alors que le prix du gaz naturel a flambé à cause du conflit actuel. Cette stratégie témoigne d’une volonté d’équilibrer les sources d’énergie et de garantir un approvisionnement stable pour la population.
Alors que le pays navigue entre les défis immédiats de l’approvisionnement en énergie et la nécessité de diversifier ses sources, l’arrivée de ce pétrole russe pourrait bien représenter une étape cruciale dans la gestion de la crise énergétique actuelle.