Les policiers empêchés de perquisitionner l’Élysée en raison de l’article 67 de la Constitution

Ce mardi 14 avril 2026, des policiers de la brigade financière ont tenté de perquisitionner le palais de l’Élysée dans le cadre d’une enquête pour favoritisme. Cependant, leur opération a été stoppée par une fin de non-recevoir liée à la protection accordée par l’article 67 de la Constitution française.

EN BREF

  • Les policiers de la brigade financière n’ont pas pu accéder à l’Élysée lors d’une perquisition.
  • Cette situation est due à l’article 67 de la Constitution, qui protège le président de la République.
  • L’enquête porte sur des marchés publics liés à l’organisation de cérémonies au Panthéon.

Les enquêteurs, qui se penchent sur l’attribution de marchés publics depuis plus de deux décennies, avaient pour objectif de vérifier les conditions d’attribution d’un contrat lié aux cérémonies d’entrée de personnalités au Panthéon. Selon Le Canard Enchaîné, la société Shortcut Events a été choisie de manière exclusive pour l’organisation de ces cérémonies, facturant environ 2 millions d’euros par événement à l’État.

Dans un communiqué, le procureur de la République financière, Pascal Prache, a confirmé que les policiers avaient été informés que l’article 67 de la Constitution interdisait la perquisition de certains lieux liés à la présidence. Ce texte stipule que le président, pendant son mandat, ne peut être tenu responsable des actes accomplis en cette qualité, bénéficiant ainsi d’une inviolabilité des locaux associés à sa fonction.

Cette protection constitutionnelle, en vigueur depuis 2007, suspend toute possibilité d’action judiciaire, y compris les demandes de témoignage ou d’information, tant que le président est en fonction. Le délai de prescription pour les actes accomplis s’arrête également jusqu’à la fin du mandat présidentiel, ce qui constitue un obstacle légal pour les enquêteurs.

Bien que les policiers aient été empêchés de procéder à la perquisition, l’Élysée a indiqué qu’ils auraient accès à des documents relatifs aux agents de l’État, qui peuvent être transmis à la demande des enquêteurs. Cela souligne une volonté de transparence malgré les protections juridiques dont bénéficie le président.

Cette affaire soulève des questions sur les implications de l’article 67 et son utilisation dans le cadre d’enquêtes judiciaires. Alors que la France se débat avec des accusations de favoritisme et de corruption dans la gestion des marchés publics, l’immunité présidentielle est mise en lumière, provoquant des débats sur la responsabilité des élus et la transparence des institutions.

Cette enquête, ouverte en octobre 2025, vise à déterminer si des actes de favoritisme, de prise illégale d’intérêt, de corruption et de trafic d’influence ont eu lieu lors de l’attribution de ces marchés. Alors que les investigations se poursuivent, l’éclairage sur les pratiques de financement des cérémonies d’État pourrait avoir des répercussions sur la confiance du public envers les institutions.

Les enjeux autour de l’immunité présidentielle et des pratiques de gestion des marchés publics continuent d’alimenter le débat politique en France, alors que les citoyens attendent des réponses sur la transparence et l’intégrité de leurs dirigeants.