Les pompiers en grève campent au pied de la tour Eiffel pour réclamer des moyens

Ce lundi, la pluie a fait place à un ciel dégagé sur le Champ-de-Mars, mais le campement des pompiers est resté en place. Au pied de la tour Eiffel, des tentes syndicales, des barnums rouges et des banderoles transforment le paysage en une véritable caserne à ciel ouvert. Ces pompiers, venus de toute la France, expriment leur mécontentement face aux conditions de travail et à l’insuffisance des moyens alloués à la sécurité civile.

EN BREF

  • Les pompiers en grève occupent le Champ-de-Mars pour revendiquer des moyens supplémentaires.
  • Des milliers de signatures sont recueillies pour soutenir leur mouvement.
  • Les grévistes prévoient des actions dans la capitale pour faire entendre leurs voix.

Sur un sac à dos posé au sol, une affichette appelle les passants à soutenir les pompiers en signant une pétition. Plus loin, un message sur un barnum du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) 59 interpelle directement les visiteurs : « Morts au feu, suicides, cancers… Ras le bol de porter les cercueils ». Cette situation met en lumière les défis auxquels sont confrontés ces héros du quotidien.

Au centre du campement, un petit avion de tourisme, décoré aux couleurs des secours, attire l’attention. Nicolas Laumet, adjudant-chef dans le Rhône et syndicaliste au sein de Sud-SPP-PATS, explique que cet aéronef est un symbole de leur lutte. « Cela fait deux ans qu’ils nous disent qu’ils ne peuvent pas nous fournir des Canadairs. Nous, en trois semaines, on a retapé un avion ! Nos moyens sont à l’image de notre situation : de plus en plus vétustes », déclare-t-il avec ironie.

Malgré l’ambiance conviviale qui règne sur le camp, la colère est palpable. Les pompiers demandent des moyens financiers accrus pour la sécurité civile, avec un besoin urgent de 1,5 à 2 milliards d’euros pour doter les services de secours de camions, d’aéronefs et d’équipements de protection adaptés. « Nos revendications ne sont pas pour nous, elles sont pour la population », souligne Laumet.

Une mobilisation déterminée

La première journée de grève d’août dernier a exacerbé les tensions, notamment avec la présentation du projet de loi « Modernisation de la Sécurité civile 2 » (MOSC2). Sébastien Delavoux, animateur du collectif CGT des Sdis, précise : « L’idée, c’est de maintenir la pression sur le gouvernement, qui refuse de reconnaître notre manque de moyens cet été ». Les pompiers sont déterminés à faire entendre leurs voix et à revendiquer des changements significatifs.

Les exigences sont précises : recruter au moins 20 000 pompiers professionnels, augmenter les budgets des Sdis, renouveler le matériel et renforcer la protection contre les risques sanitaires liés à leur métier. « On a reçu beaucoup de soutien cet été, mais ce qu’on demande ne s’achète pas avec des applaudissements », martèle un autre syndicaliste.

David Saquet, président national de l’UNSA Sapeurs-Pompiers, déplore la situation actuelle : « On est méprisés. Ce projet de loi est un vide sidéral, un blabla institutionnel sans aucun sens. L’État abandonne ses sapeurs-pompiers ». Les grévistes insistent sur la nécessité de reconnaître les cancers comme maladies professionnelles, étant donné les risques auxquels ils font face au quotidien.

Perspectives de mouvements futurs

Les pompiers ont prévu de continuer leur mobilisation avec des déambulations et des actions coup de poing dans Paris. « Notre colère est pacifique, mais si rien ne change, le mouvement va se durcir. Nous pourrions continuer jusqu’à la présidentielle », avertit David Saquet. Au cœur de la capitale, alors que les touristes s’arrêtent pour observer, le campement s’organise pour la nuit. « Nous devrions être environ 300 à dormir ici. Quand on est en intervention, il nous arrive de dormir dans les camions, au milieu des fumées. Donc camper ici, ce n’est pas la pire épreuve », conclut Nicolas Laumet avec un sourire.