Selon une étude récente de l’Ifop pour Joyclub, les pratiques sexuelles dites « hard » connaissent une popularité croissante chez les femmes de moins de 35 ans. Cette évolution soulève des interrogations sur le consentement et l’influence des représentations culturelles. Les rapports marqués par la domination et la soumission, ainsi que des gestes violents, deviennent de plus en plus courants, remettant en question les normes sexuelles traditionnelles.
EN BREF
- 71 % des jeunes femmes ont déjà expérimenté la fessée avec un partenaire.
- 44 % ont eu des rapports sexuels en étant attachées, une pratique en forte croissance.
- Une communication claire et le consentement sont essentiels face à ces nouvelles tendances.
Le constat est sans appel : la fessée est la pratique la plus répandue parmi les jeunes femmes. D’après l’étude, 71 % des femmes interrogées affirment en avoir déjà reçu une. François Kraus, directeur du pôle Actualité-Politiques de l’Ifop, souligne que cette popularité témoigne de l’influence grandissante de la pornographie sur les fantasmes et les comportements sexuels. Il évoque une « pornocratisation » des préférences sexuelles, où le « sexe vanille » est perçu comme démodé. Ce phénomène semble s’installer dans les mœurs au point de devenir une norme.
La recherche révèle également que 44 % des femmes de moins de 35 ans ont déjà expérimenté des rapports en étant attachées, que ce soit avec des cordes ou des menottes. Ce type de pratique, qui était autrefois réservé à des milieux spécifiques, s’est largement diffusé dans la sexualité des générations actuelles.
Les jeux de domination sont également populaires. Près de 30 % des répondantes ont participé à des jeux érotiques basés sur la domination ou la soumission. Cette tendance est renforcée par des représentations culturelles modernes qui normalisent ces comportements. Comme le souligne Maryse Frochot, sexothérapeute, le phénomène ne se limite pas au porno :
« Toute une industrie pop véhicule cette sexualité comme cool. »
La série Euphoria, par exemple, présente une sexualité audacieuse accessible à un public jeune, loin des stéréotypes d’un romantisme traditionnel.
En outre, l’étude indique que plus de six femmes sur dix ont déjà subi des pratiques telles que des gifles, des morsures ou un tirage de cheveux durant leurs rapports. Ces gestes, autrefois considérés comme marginaux, sont devenus des expériences courantes. De plus, 37 % des femmes de cette tranche d’âge ont experimenté l’étranglement ou le bâillonnement, des chiffres qui dépassent ceux des générations plus âgées.
Ce phénomène ne se limite pas à la France. Des études menées dans plusieurs pays, notamment aux États-Unis et en Australie, révèlent également que ces pratiques sont en train de s’intégrer dans la sexualité des jeunes générations à l’échelle mondiale. Face à cette évolution, les experts insistent sur l’importance d’une communication ouverte entre partenaires. Le dialogue et le consentement doivent être réaffirmés tout au long des rapports pour garantir une expérience respectueuse et positive.
À mesure que ces pratiques se popularisent, il est essentiel de rester vigilant et de promouvoir une éducation sexuelle saine, qui valorise le respect mutuel et le consentement. La sexualité, dans sa diversité, doit être abordée avec responsabilité et dialogue, afin d’assurer que les expériences vécues soient à la fois épanouissantes et sécurisées.