Une étude récente, présentée au Forum 2026 de la Fédération des sociétés européennes de neurosciences, révèle des différences biologiques significatives entre les hommes et les femmes, expliquant pourquoi les hommes sont plus touchés par la maladie de Parkinson. Cette maladie neurodégénérative, qui affecte actuellement environ 9,4 millions de personnes à travers le globe, pourrait voir son nombre de cas augmenter jusqu’à 25 millions d’ici 2046.
EN BREF
- La maladie de Parkinson touche près de 9,4 millions de personnes dans le monde.
- Les hommes présentent une prévalence 1,5 à 2 fois plus élevée que les femmes.
- Des différences génétiques entre sexes pourraient influencer la vulnérabilité à la maladie.
Cette disparité a longtemps intrigué les chercheurs. Julia Schulze-Hentrich, de l’université de la Sarre en Allemagne, souligne que la prévalence plus élevée de la maladie chez les hommes pourrait être liée à des facteurs biologiques. L’étude vise à explorer ces différences pour mieux comprendre les mécanismes pathologiques en jeu.
Les chercheurs ont examiné des échantillons de cerveau post-mortem de 73 patients, dont 28 femmes et 45 hommes. En les comparant à un groupe témoin de 24 personnes non atteintes (9 femmes et 15 hommes), ils ont pu identifier des variations notables dans la réponse au stress des cellules cérébrales.
Les résultats ont révélé que, bien que certaines réponses au stress soient universelles, il existe des différences significatives entre les sexes, notamment dans les astrocytes et les oligodendrocytes. Ces cellules jouent un rôle crucial dans le soutien et la protection des neurones. Par exemple, l’activité des gènes liés aux mitochondries différait selon le sexe, tout comme celle des gènes impliqués dans le maintien de la myéline, la gaine protectrice des fibres nerveuses.
Ces découvertes indiquent que la manière dont les cellules cérébrales réagissent à la maladie pourrait être influencée par le sexe, ce qui a des implications potentielles pour le développement de traitements plus adaptés. Environ 90 % des cas de Parkinson résultent d’une combinaison complexe de facteurs génétiques, environnementaux et liés au mode de vie. Les chercheurs suggèrent que ces interactions pourraient également différer selon le sexe.
La Pr Schulze-Hentrich conclut que cette étude pourrait ouvrir la voie à des traitements personnalisés pour les patients atteints de Parkinson, remettant en question l’idée que tous les malades sont biologiquement identiques. En tenant compte des différences entre hommes et femmes, les scientifiques pourraient mieux cibler les traitements et améliorer la qualité de vie des personnes touchées par cette maladie.
Alors que la maladie de Parkinson continue de poser des défis majeurs pour la santé publique, ces nouvelles perspectives incitent à une réflexion approfondie sur l’importance de la recherche sur les différences biologiques liées au sexe. L’avenir du traitement de cette maladie pourrait bien reposer sur une meilleure compréhension de ces mécanismes complexes.