Les redoublements à l’école : une tendance en hausse selon le ministre de l’Éducation

Les résultats de l’enquête internationale Pisa, révélés cette semaine, mettent en lumière une situation alarmante pour le système éducatif français. En effet, la France a enregistré des performances parmi les plus faibles jamais constatées, un constat qualifié de « préoccupant » par le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray. Ce dernier a souligné que le collège doit devenir le « grand chantier » de la prochaine mandature.

EN BREF

  • Les résultats de l’enquête Pisa révèlent des performances désastreuses des élèves français.
  • Édouard Geffray évoque une hausse des redoublements pour améliorer la situation.
  • De nouveaux programmes éducatifs ont été instaurés pour clarifier les objectifs d’apprentissage.

Deux jours après la publication des résultats, Édouard Geffray a été invité sur le plateau des Grandes Gueules de RMC pour discuter des solutions envisageables pour inverser cette tendance. Le ministre a reconnu que les objectifs éducatifs étaient flous depuis trop longtemps, ce qui a conduit à un retard accumulé de 15 à 20 ans dans l’apprentissage des élèves.

Pour remédier à cette situation, de nouveaux programmes, qui ont pris effet cette année, visent à établir des repères clairs pour chaque niveau scolaire. « Il faut définir la hauteur de chaque marche », a déclaré Geffray, en désignant l’absence de repères concrets comme l’une des raisons de cette dégradation. Selon lui, les élèves avaient jusqu’alors été confrontés à de « grands plateaux » d’objectifs, sans véritable structure, ce qui a contribué à la crise actuelle.

La question du redoublement

Le ministre a également abordé la problématique du redoublement, une pratique qui a progressivement disparu ces dernières années. Lorsque la question a été posée de savoir si un élève devrait systématiquement redoubler s’il n’atteint pas le niveau requis, Geffray a reconnu que c’était un sujet de débat. « Grosso modo, le redoublement fonctionne bien pour les jeunes enfants, mais moins pour les plus grands », a-t-il observé.

Il a souligné que, socialement, le redoublement était souvent perçu comme une solution inadmissible, tant pour les parents que pour les élèves eux-mêmes. Cependant, il a noté un changement d’attitude à cet égard. « Aujourd’hui, les mentalités évoluent et un redoublement bien encadré peut être bénéfique », a-t-il déclaré.

Geffray a même affirmé que « la pente est en train de se ré-inverser », indiquant qu’il y a actuellement une augmentation des redoublements par rapport à il y a deux ans. Toutefois, il a mis en garde contre l’idée de faire du redoublement un mantra, précisant qu’il ne faut pas réduire la question à « tu ne maîtrises donc tu redoubles ». Une approche plus nuancée et intelligente est nécessaire pour tirer le meilleur parti de cette pratique.

Alors que la France fait face à des défis éducatifs majeurs, les déclarations d’Édouard Geffray soulignent l’urgence d’une réforme profonde du système scolaire. L’adoption de nouveaux programmes et la réévaluation des pratiques telles que le redoublement pourraient jouer un rôle crucial dans l’amélioration des compétences des élèves et, par conséquent, de l’éducation nationale dans son ensemble.