La tension géopolitique entre les États-Unis, Israël et l’Iran, qui a pris une nouvelle tournure ce week-end avec l’opération « fureur épique », a des répercussions immédiates sur les marchés financiers, en particulier ceux de l’énergie. L’Iran, qui détient la troisième plus grande réserve de pétrole au monde, voit ses relations avec les marchés énergétiques perturbées. Ce lundi 2 mars, les prix du pétrole et du gaz ont déjà commencé à augmenter à l’ouverture des marchés.
EN BREF
- Les tensions en Iran provoquent une hausse des prix de l’énergie sur les marchés.
- Le détroit d’Ormuz, clé du transit pétrolier mondial, suscite des inquiétudes.
- Les pays de l’OPEP prévoient d’augmenter leur production pour stabiliser le marché.
En 2024, la France importait seulement 12 % de son pétrole du Moyen-Orient, mais les fluctuations du marché mondial pourraient avoir des conséquences sur les prix à la pompe. Les automobilistes peuvent s’attendre à une augmentation des tarifs du gazole et du super, bien que cette hausse ne devrait pas atteindre les niveaux alarmants observés en 2022. Le stratégiste boursier indépendant Nicolas Chéron souligne que la situation actuelle est très différente de celle qui a suivi le début de la guerre en Ukraine, où le baril de Brent avait atteint des sommets à 100 dollars.
Selon Chéron, les marchés ont déjà anticipé le risque géopolitique lié à l’Iran depuis plusieurs semaines, ce qui a conduit à une hausse modérée des prix. Vendredi dernier, le pétrole avait déjà grimpé de 3 %. Il observe que les hausses observées ce lundi semblent plus liées à des prises de bénéfices qu’à une panique généralisée. Il se montre donc plutôt optimiste quant à l’évolution des marchés.
La situation dans la région soulève des préoccupations, particulièrement en raison du détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 20 % de la consommation mondiale de pétrole. Après les attaques récentes sur deux navires au large des Émirats arabes unis et d’Oman, l’Organisation maritime internationale (OMI) a conseillé aux compagnies maritimes de contourner cette zone. Cela a entraîné une explosion des primes d’assurance et une quasi-suspension du trafic maritime, exacerbant les tensions sur les marchés.
Le prix du gaz en Europe a subi une forte hausse, notamment après l’annonce de QatarEnergy, qui a décidé d’arrêter sa production de gaz naturel liquéfié (GNL). Le contrat à terme du TTF néerlandais, référence européenne, a vu son prix grimper de plus de 39 % en conséquence. Si le blocage du détroit d’Ormuz devait perdurer, la situation pourrait devenir encore plus critique. Toutefois, Chéron estime que cette escalade est peu probable. Même la Chine, traditionnellement alliée de l’Iran, n’a pas intérêt à voir la situation se dégrader.
Le stratégiste met également en avant l’augmentation de la production pétrolière annoncée par les pays de l’OPEP, ce qui pourrait contribuer à stabiliser les prix. En théorie, les pays importateurs de pétrole, notamment ceux de l’OCDE, sont tenus de maintenir des réserves équivalentes à 90 jours de consommation. De plus, l’ancien président américain Donald Trump a estimé que les opérations militaires pourraient durer « quatre à cinq semaines », suggérant que le marché pourrait retrouver un certain équilibre prochainement.
Dans ce contexte, il est crucial de suivre l’évolution des événements en Iran et leurs implications sur les marchés énergétiques mondiaux. Les conséquences d’une escalade des tensions pourraient se faire sentir non seulement dans les prix du pétrole et du gaz, mais également sur l’économie mondiale dans son ensemble.