En ce mois de février, lorsque les températures oscillent entre douceur trompeuse et gel tardif, il est essentiel de prêter attention à nos plantes en pot. Bien que la satisfaction d’un jardinier prévoyant puisse être palpable, il est crucial de reconnaître que certains accessoires, comme les soucoupes, peuvent en réalité causer des dommages insidieux à nos végétaux.
EN BREF
- Les soucoupes peuvent retenir l’excès d’eau, entraînant une saturation du sol.
- Un sol gorgé d’eau prive les racines d’oxygène, provoquant leur pourrissement.
- Il est recommandé de retirer les soucoupes en hiver pour préserver la santé des plantes.
Chaque printemps, il n’est pas rare de constater que certaines plantes en pot semblent sortir de l’hiver épuisées. Pendant longtemps, j’ai attribué ce phénomène au gel. Cependant, en examinant de plus près un arbuste récalcitrant, j’ai découvert une masse de racines brunes et molles, plongées dans une terre froide et spongieuse. L’ennemi n’était pas le froid, mais bien un accessoire que je considérais indispensable : la soucoupe.
En été, la soucoupe paraît être une alliée, retenant l’excédent d’eau et prévenant le dessèchement de la plante. Néanmoins, en hiver, la situation se retourne. Les précipitations se multiplient, et l’évaporation est quasi inexistante. L’eau de pluie ou la neige fondue s’accumule dans la coupelle, créant une flaque permanente sous le pot. Ce phénomène est d’autant plus insidieux qu’il peut passer inaperçu, masqué par la forme du pot ou l’angle du balcon.
Les horticulteurs s’accordent à dire que c’est souvent l’excès d’eau, plutôt que la soif, qui est fatal pour les plantes. Un terreau bien drainé doit comporter de petites poches d’air pour nourrir les racines. En revanche, un substrat gorgé d’eau devient un véritable piège asphyxiant. L’eau stagnante, particulièrement froide, agit comme un accumulateur de froid, transmettant des températures glaciales aux racines.
Lorsque la soucoupe reste pleine, l’eau, qui est un meilleur conducteur de chaleur que l’air, refroidit le substrat et, lors de gel, se dilate. Ce phénomène peut bloquer les trous de drainage et exercer une pression sur le fond du pot, compromettant l’intégrité des poteries en terre cuite. Ces dernières, poreuses, absorbent l’eau de la soucoupe. Lorsque l’eau gèle dans les pores de l’argile, cela peut entraîner des fissures et des dégradations.
Face à ce double danger, j’ai modifié mes habitudes. Je ne laisse plus de soucoupes sous mes plantes extérieures durant l’hiver. Dès l’automne, je retire, nettoie et range ces coupelles, même sous les arbustes rustiques. Cela permet à l’excédent d’eau de s’évacuer par les trous de drainage, conservant ainsi une terre humide sans saturation. Pour optimiser la situation, je surélève mes pots avec des pieds dédiés, des cales en bois ou de simples morceaux d’ardoise.
Dans les zones où l’écoulement est interdit, comme sur les balcons ou en véranda, je garde parfois une coupelle, mais avec une règle stricte : après chaque arrosage ou forte pluie, je laisse l’eau s’écouler pendant environ vingt minutes, puis je vide la soucoupe. Cette dernière ne doit jamais rester pleine plus d’une demi-heure. Que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur, j’évalue toujours l’humidité du sol avec mon doigt, j’arrose généreusement, puis je laisse sécher avant de réutiliser l’arrosoir.
En adaptant ces pratiques, vous pourrez préserver la santé de vos plantes en pot tout au long de l’hiver. La vigilance et quelques ajustements peuvent faire toute la différence et garantir un printemps florissant.