À Highgrove, la résidence prisée du roi Charles, le jardin est bien plus qu’un simple espace vert. C’est un véritable sanctuaire sensoriel, conçu pour éveiller les sens tout au long de l’année. Ce jardin enchanteur est l’œuvre de la paysagiste britannique Isabel Bannerman, qui, avec son mari Julian, a élaboré un stumpery unique qui fait la renommée de cette demeure royale.
EN BREF
- Isabel Bannerman prône un jardin sensoriel basé sur le parfum et la simplicité.
- Les couleurs et les sons, notamment de l’eau, sont essentiels pour créer une ambiance romantique.
- Des erreurs sont encouragées pour permettre une évolution naturelle du jardin.
Dans son cours en ligne intitulé Creating a Romantic English Country Garden, Isabel Bannerman propose une approche novatrice pour concevoir un jardin. Elle exhorte à dépasser les simples considérations esthétiques en intégrant une expérience multisensorielle. À ses yeux, le jardin doit être perçu comme un lieu vivant, riche en sensations, plutôt qu’un agencement rigide de plantes.
Le parfum, clé de l’expérience sensorielle
Lorsqu’elle évoque l’essence d’un jardin, Isabel Bannerman commence par le parfum. « Je pense que les gens réfléchissent trop à leur pelouse », déclare-t-elle, soulignant que l’odeur doit être au cœur de la conception. Pour elle, les fragrances évoquent des émotions et la mémoire, marquant ainsi les visiteurs de façon indélébile.
Parmi ses recommandations, elle souligne l’importance de plusieurs arbustes parfumés, tels que le Philadelphus au parfum sucré, le Viburnum carlesii qui dégage une odeur vanillée, et le Ribes odoratum, aux effluves chauds et épicés. Ces plantes, stratégiquement placées près des points de passage, créent un parcours olfactif subtil qui accompagne chaque moment passé dans le jardin.
Simplicité et harmonie dans le choix des plantes
Isabel Bannerman conteste l’idée reçue selon laquelle un jardin romantique doit être chargé. Elle privilégie la sobriété, affirmant qu' »une grande quantité d’une même plante vaut mieux que la diversité ». En répétant les mêmes espèces, elle crée une fluidité visuelle qui apaise l’œil et évite le désordre.
Le choix des couleurs joue également un rôle crucial. Les zones d’entrée sont souvent habillées de verts et de blancs apaisants, tandis que des teintes plus intenses se retrouvent dans des espaces plus intimes. Bannerman recommande d’adoucir les couleurs saturées avec du blanc pour éviter toute agressivité visuelle.
Intégrer l’eau et accepter l’imperfection
L’eau est un autre élément essentiel de son jardin sensoriel. Isabel Bannerman insiste sur l’importance des sons que l’eau peut produire. « Un petit point d’eau, un simple bac, c’est très agréable », explique-t-elle. Un léger clapotis contribue à l’ambiance sereine, surtout aux premières heures du matin ou en soirée.
Elle encourage également à embrasser l’ imprévisibilité et l’évolution naturelle du jardin. « Soyez audacieux et courageux », conseille-t-elle. Les erreurs, pense-t-elle, sont une partie intégrante du processus de jardinage. Les plantes peuvent évoluer de manière imprévisible, et chaque coin peut se transformer au fil des saisons, offrant ainsi une nouvelle expérience à chaque visite.
En résumé, en s’inspirant des principes d’Isabel Bannerman, chacun peut créer chez soi un jardin sensoriel romantique, riche en parfums et en sons, tout en laissant la nature suivre son cours. Ce faisant, on ne cherche pas la perfection, mais plutôt une atmosphère vivante et changeante, à l’image des jardins d’Highgrove.