Les taxis réclament un tarif plancher face à l’aide gouvernementale jugée insuffisante

Face à l’augmentation continue des prix des carburants, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé une aide ciblée pour les « travailleurs modestes grands rouleurs ». Cependant, cette mesure ne satisfait pas les professionnels du transport, notamment les taxis et VTC, qui se sentent laissés pour compte.

EN BREF

  • Le gouvernement prévoit une aide pour trois millions de travailleurs modestes.
  • Les taxis réclament un tarif plancher de 1,80 euro pour les carburants.
  • Les infirmiers expriment leur mécontentement face à l’absence de soutien.

Lors d’une intervention mardi, Sébastien Lecornu a souligné la nécessité d’une négociation spécifique avec les taxis et VTC, professions particulièrement touchées par l’augmentation des prix des carburants. L’annonce d’une aide de trois millions d’euros pour certains travailleurs a été accueillie avec scepticisme par Dominique Buisson, Secrétaire général de la Fédération nationale du taxi (FNDT). Selon lui, cette aide reste « dérisoire » au regard de la situation actuelle.

« C’est bien d’y penser, mais pour l’instant cela fait quasiment un mois et demi que nous sommes oubliés », a-t-il déclaré à RMC. Il a mis en avant l’insuffisance de la mesure, soulignant que récupérer 20 centimes sur une hausse de plus de 70 centimes par litre de carburant n’est pas suffisant. Sa demande est claire : établir un tarif plancher à 1,80 euro pour les carburants, accompagné d’un système assurantiel visant à atténuer les hausses, comme cela se pratique dans le secteur aérien.

Les réactions ne se limitent pas aux taxis. Daniel Guillerm, président de la Fédération nationale des infirmiers, a également fait entendre sa voix, dénonçant une absence de mesures pour les infirmiers libéraux. « C’est une éviction déguisée », a-t-il affirmé, notant que les plafonds imposés rendent très peu d’infirmiers éligibles aux aides proposées. Cette situation est perçue comme une injustice tant par les infirmiers que par d’autres professionnels du secteur de la santé.

Pour Daniel Guillerm, le choix politique du gouvernement est évident : « Le Premier ministre a eu deux approches, l’une économique et l’autre par métier. Nous avons été évincés de l’approche métier, alors que d’autres y sont, comme les taxis et les VTC. » Cette exclusion soulève des questions sur l’équité des mesures prises en réponse à la hausse des carburants et des besoins spécifiques des différentes professions.

Les tensions montent donc au sein des professions touchées par cette crise des carburants. Les taxis insistent sur l’urgence d’une réponse adaptée, alors que les infirmiers continuent de se battre pour leur reconnaissance et leur soutien en tant que professionnels de la santé. L’avenir de ces négociations reste incertain, alors que la pression sur le gouvernement s’intensifie pour qu’il prenne en compte les réalités de tous les travailleurs impactés par la hausse des coûts.

Les discussions à venir seront cruciales pour déterminer comment le gouvernement entend répondre aux besoins variés des différents secteurs. La mise en place d’un tarif plancher pour les carburants pourrait être une première étape, mais la question de l’équité dans l’attribution des aides demeure un enjeu majeur.