Les villages étapes, une nouvelle tendance pour les vacanciers en quête de découvertes

Ce samedi, alors que 23 départements sont placés en vigilance orange canicule et que Bison Futé annonce une journée noire sur les routes, de nombreux vacanciers prennent la route pour le traditionnel chassé-croisé entre juilletistes et aoûtiens. Pour certains, le trajet ne se limite pas à rejoindre leur destination le plus rapidement possible, mais devient une occasion de découverte.

EN BREF

  • Les villages étapes offrent une alternative aux aires d’autoroute pour les voyageurs.
  • Baccarat, récemment labellisé, attire déjà de nombreux touristes.
  • Les commerces locaux bénéficient d’une augmentation de la fréquentation et du chiffre d’affaires.

Finies les pauses rapides dans les aires d’autoroute avec un simple sandwich à la main. De plus en plus d’automobilistes choisissent de s’arrêter dans des villages étapes pour y déjeuner dans un restaurant, visiter des sites locaux ou profiter d’une pause prolongée. Ce concept, mis en place il y a plus de 30 ans, vise à valoriser de petites communes de moins de 5 000 habitants situées à proximité des grands axes routiers, en leur permettant de proposer des services adaptés aux voyageurs.

Dans le Grand Est, la commune de Baccarat, en Meurthe-et-Moselle, vient tout juste d’obtenir ce label et se prépare à vivre son premier grand chassé-croisé estival en tant que village étape. Attablés sous un parasol dans l’un des cinq restaurants de la commune, Chris et Teresa, un couple d’Anglais, témoignent de leur expérience. « On tente notre chance ! Nous essayons d’aller dans des villages intéressants, c’est encore mieux s’il y a une rivière… », confient-ils. « On adore ! Nous voyageons depuis deux semaines et demie de cette manière, et cela nous permet de faire un Tour de France… Tout est fantastique ! »

Les panneaux signalant le nouveau statut de la commune, installés récemment, commencent à attirer une clientèle enthousiaste. Pour Léna Bénédetto, charcutière à Baccarat, cette fréquentation accrue apporte un nouveau souffle à son commerce. « Il y a une différence, il y a beaucoup de touristes. Par chance, je parle un peu anglais, cela redonne un peu de vie et de visibilité à la commune, c’est important je trouve », témoigne-t-elle.

Ce constat est également partagé par Nadia Hurel, gérante du salon de thé voisin. Anticipant l’arrivée de nouveaux clients, elle a renforcé son équipe. « J’ai embauché mon fils aîné et un apprenti. Nous pouvons tabler sur 20 % de plus de chiffre d’affaires ! », estime-t-elle.

Pour obtenir l’agrément de village étape, Baccarat a dû répondre à un cahier des charges strict. « Il fallait être à moins de 5 km d’une sortie de quatre voies, avoir moins de 5 000 habitants et disposer de certains commerces, comme une boulangerie et des restaurants. Il y a aussi des garagistes qui doivent ouvrir le samedi ou le dimanche », explique Isabelle Chassin, adjointe au maire de Baccarat.

Ces exigences garantissent aux voyageurs un certain niveau de services, ce qui contribue à la popularité croissante des 78 villages étapes répartis sur une trentaine d’axes routiers à travers la France. Ces arrêts se transforment ainsi en véritables moments de détente et de découverte, ajoutant une dimension agréable à leur voyage.