Lidl licencie un employé pour avoir bu de l’eau pendant son service

Une décision radicale d’un supermarché britannique soulève des interrogations sur la politique de tolérance zéro de l’enseigne. Julian Oxborough, employé chez Lidl depuis plus de dix ans, a été licencié après avoir bu une bouteille d’eau d’une valeur de 20 centimes, pendant son service. Ce fait divers met en lumière la rigidité des règles internes et soulève la question de la gestion des ressources humaines en période de chaleur.

EN BREF

  • Un salarié de Lidl licencié pour avoir consommé de l’eau durant son service.
  • Le tribunal a validé la décision de l’employeur, invoquant une rupture de confiance.
  • La politique de tolérance zéro de l’enseigne suscite des interrogations sur son application.

Julian Oxborough, employé de caisse dans un Lidl de Wincanton, dans le Somerset, a été confronté à une situation inattendue lors d’une chaude journée de juillet 2024. Alors qu’il travaillait, il a décidé de boire une bouteille d’eau appartenant au magasin, sans avoir acquitté le montant de 17 pence, soit environ 0,20 euro.

Cette action, bien que jugée anodine par certains, a conduit à son licenciement pour faute grave, un acte que l’employeur considérait comme une violation des règles internes. Conscient de son état de déshydratation, Julian a contesté son renvoi devant l’Employment Tribunal de Southampton, affirmant qu’il n’avait pas eu l’intention de frauder.

Les faits se sont déroulés lorsque, après avoir scanné un produit pour un client, une bouteille d’eau est restée sur le comptoir. Julian, estimant avoir besoin d’hydratation, a décidé de la consommer, oubliant de la payer. Le lendemain, un responsable a découvert la bouteille vide et, après avoir examiné la vidéosurveillance, a remarqué que Julian avait bu l’eau sans l’avoir acquittée.

Lors de son audition, Julian a expliqué qu’il s’était senti mal à cause de la chaleur et que sa boisson habituelle, trop sucrée, ne lui semblait pas adaptée à ce moment-là. « Je crois que j’ai oublié ou que je ne me souviens pas l’avoir encaissée », a-t-il déclaré.

Malgré sa défense, Lidl a maintenu sa position. Karina Moon, responsable de secteur, a fait valoir que Julian aurait pu se servir d’eau du robinet et a mis en lumière le fait qu’il n’avait pas signalé l’incident. La direction a souligné l’importance de la confiance dans la relation employeur-employé, laquelle a été compromise par cette action.

En janvier 2025, le tribunal a statué en faveur de Lidl, confirmant que la consommation d’un produit du stock sans paiement constituait une rupture de confiance, justifiant ainsi le licenciement. Cette décision a suscité des réactions, tant en Grande-Bretagne qu’en France, où les prud’hommes prennent également en compte des situations similaires, tout en rappelant aux employeurs leur obligation de fournir de l’eau potable à leurs employés, notamment lors de fortes chaleurs.

Ce cas met en exergue les défis que rencontrent les entreprises dans la gestion de leurs politiques internes, surtout en matière de bien-être au travail. La rigueur des règles de Lidl, bien que justifiée par une politique de tolérance zéro, interpelle sur l’équilibre à trouver entre le respect des procédures et la prise en compte des besoins fondamentaux des employés.

Alors que des entreprises adaptent leurs pratiques pour mieux répondre aux besoins de leurs salariés, cette affaire soulève une question cruciale : jusqu’où une politique stricte peut-elle aller sans nuire au bien-être des employés ?