Ce jeudi 19 mars, l’Iran a annoncé l’exécution de trois individus qualifiés d' »émeutiers », reconnus coupables du meurtre de membres des forces de l’ordre. Ces exécutions surviennent dans un contexte de tensions politiques et sociales exacerbées suite aux manifestations massives qui ont eu lieu à la fin de l’année précédente.
EN BREF
- Trois émeutiers exécutés pour meurtre et collaboration avec des forces étrangères
- Premières exécutions en lien avec les manifestations de décembre 2025
- Les autorités iraniennes dénoncent des actes terroristes lors des troubles
Les trois condamnés ont été pendus ce matin, comme l’a rapporté le site Mizan Online, porte-parole du pouvoir judiciaire iranien. Ces exécutions sont les premières à être officiellement annoncées en relation avec les manifestations qui ont éclaté en décembre 2025, initialement pour protester contre la vie chère, mais qui se sont rapidement transformées en un vaste mouvement de contestation contre le régime.
D’après les autorités, ces individus ont été reconnus coupables d’avoir tué deux agents des forces de sécurité et d’avoir agi en faveur des intérêts d’Israël et des États-Unis. Ils ont été condamnés pour le crime de « moharebeh », qui se traduit par « hostilité contre Dieu ». Cette terminologie, utilisée par le régime iranien, reflète la gravité avec laquelle il qualifie les actions de ceux qui s’opposent à lui.
La Maison Blanche avait déclaré mi-janvier que l’Iran avait suspendu 800 exécutions de manifestants, ceci en réponse aux menaces d’interventions formulées par l’ancien président Donald Trump. Cependant, les récentes mesures prises par les autorités iraniennes montrent une reprise des actions répressives, avec l’intention manifeste d’intimider d’éventuels futurs protestataires.
Les manifestations de décembre ont été marquées par des violences notables. Selon les données officielles, plus de 300 personnes ont perdu la vie durant ces troubles, un chiffre qui inclut des forces de l’ordre ainsi que des civils. Cependant, l’agence Human Rights Activists News Agency, basée aux États-Unis, a rapporté un bilan beaucoup plus lourd, évoquant plus de 7 000 morts, principalement des manifestants. Ce contraste souligne les divergences entre les chiffres fournis par le gouvernement iranien et ceux collectés par les organisations de défense des droits humains.
Les autorités iraniennes continuent de qualifier ces manifestations de « émeutes fomentées par des forces étrangères ». Elles attribuent les actes de violence à des « terroristes », tentant ainsi de justifier la répression en cours. En 2025, au moins 1 500 condamnés à mort ont été exécutés en Iran, un chiffre qui représente un des taux les plus élevés d’exécutions recensés au cours des 35 dernières années, selon l’ONG Iran Human Rights.
Dans ce climat tendu, le régime semble déterminé à maintenir un contrôle strict sur la population, tout en s’attaquant à toute forme de dissidence. Les répercussions de ces exécutions et de la répression des manifestations continueront sans aucun doute à faire l’objet d’une attention internationale croissante.