L’Iran intensifie ses attaques contre les infrastructures pétrolières au Golfe

Ce jeudi, l’Iran a lancé une nouvelle vague d’attaques contre les infrastructures pétrolières des pays du Golfe, après avoir frappé deux tankers. Ces actions ont entraîné une flambée des prix du pétrole, qui a de nouveau dépassé les 100 dollars le baril, malgré les efforts des grandes puissances pour stabiliser le marché en mobilisant des réserves stratégiques.

EN BREF

  • L’Iran a intensifié ses attaques contre les infrastructures pétrolières du Golfe.
  • Le baril de pétrole a dépassé les 100 dollars malgré des interventions sur le marché.
  • Les tensions régionales s’accroissent avec des menaces d’attaques contre des cibles économiques.

Depuis le début du conflit, le 28 février, marqué par des frappes américano-israéliennes contre l’Iran, la situation s’est rapidement détériorée, menaçant l’approvisionnement mondial en pétrole. Le détroit d’Ormuz, un passage stratégique pour le transport de pétrole, est particulièrement touché, entraînant des interruptions de trafic.

Les 32 pays membres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) ont décidé de débloquer un volume record de 400 millions de barils de leurs réserves stratégiques afin d’apaiser les craintes concernant l’approvisionnement. Le ministre américain de l’Énergie, Chris Wright, a annoncé que 172 millions de barils seraient libérés à partir de la semaine prochaine.

Malgré ces mesures, les dégâts causés par les attaques se multiplient. Bahreïn a signalé une attaque contre ses réservoirs d’hydrocarbures, incitant les habitants à rester chez eux à cause des fumées issues des installations en feu. À Oman, des réservoirs de carburant au port de Salalah ont également été touchés par un drone. De plus, l’Arabie saoudite a rapporté une nouvelle offensive contre le champ pétrolier de Shaybah, déjà visé plusieurs fois récemment.

Une attaque sur deux pétroliers au large de l’Irak a causé au moins un décès, tandis qu’un porte-conteneurs a été touché par un projectile inconnu au large des Émirats arabes unis, provoquant un petit incendie à bord. Ces incidents soulignent l’escalade des tensions dans la région.

Le président américain Donald Trump a promis une « grande sécurité » dans cette zone stratégique, tout en affirmant que des « 28 navires poseurs de mines » avaient été frappés. Il a également minimisé les capacités de l’Iran, déclarant que le pays était « proche de la défaite ». Cependant, les Gardiens de la Révolution iraniens ont exprimé leur détermination à poursuivre cette guerre, évoquant des menaces de « guerre d’usure » visant à déstabiliser l’économie américaine et mondiale.

Les autorités militaires iraniennes ont annoncé leur intention de cibler « les centres économiques et les banques » du Golfe, ayant même désigné des géants de la technologie comme futures cibles. En réaction, de grandes entreprises comme Citi et plusieurs cabinets de conseil britanniques ont évacué ou fermé leurs bureaux à Dubaï en raison des menaces croissantes.

Les ports pourraient également devenir des cibles majeures, avec des avertissements de l’armée américaine appelant les civils iraniens à s’éloigner des installations portuaires, les déclarant à risque s’ils sont utilisés à des fins militaires. L’armée iranienne a réagi en affirmant que tous les ports de la région deviendraient des cibles légitimes en cas d’attaque.

Parallèlement, les attaques israéliennes se poursuivent au Liban, visant des installations du Hezbollah pro-iranien. Les autorités libanaises ont rapporté plus de 800 000 déplacés en raison des conflits, avec un bilan de plusieurs morts à Beyrouth. L’armée israélienne a intensifié ses frappes sur Téhéran, marquant une escalade significative du conflit.

Dans ce contexte tendu, le président français Emmanuel Macron a exhorté Israël à renoncer à une offensive terrestre au Liban. Pendant ce temps, à Téhéran, la vie continue malgré les bombardements, les habitants restant résilients dans cette période d’incertitude.

Le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, n’a pas encore fait d’apparition publique depuis sa nomination, alors que les tensions continuent de croître dans la région.