L’Iran intensifie ses menaces contre la chaîne d’opposition Iran International

Les tensions montent entre Téhéran et la chaîne Iran International, basée au Royaume-Uni. Le dimanche 15 mars, les autorités iraniennes ont une nouvelle fois menacé ce média, qu’elles qualifient de « maléfique » et d’« organisation terroriste ». Ces déclarations font suite à la couverture par la chaîne des manifestations en Iran et de leur répression violente, événements qui ont suscité l’ire des dirigeants iraniens.

EN BREF

  • Téhéran menace de cibler les soutiens d’Iran International.
  • La chaîne, qui revendique 40 à 50 millions de téléspectateurs, est accusée de désinformation.
  • Les journalistes de la chaîne vivent sous la menace constante d’attaques.

Iran International, qui se distingue par son discours opposé à celui du régime islamique, est une source d’inquiétude pour les autorités de la République islamique. Le centre iranien de commandement interarmées Khatam al-Abiya a déclaré dans un communiqué que le média utilisait des « capacités satellitaires et des infrastructures médiatiques de certains pays de la région » pour générer des tensions et diffuser de fausses informations, servant ainsi les intérêts des États-Unis et d’Israël.

Dans ce contexte, Téhéran a menacé de considérer comme des cibles les « éléments de coopération » avec la chaîne d’opposition. Les locaux de Iran International, décrits par certains journalistes comme un « bunker », sont protégés par des dispositifs de sécurité avancés, incluant des blocs de béton anti-intrusion et des systèmes de surveillance sophistiqués. Cette sécurité renforcée est nécessaire, car les employés de la chaîne, qui se retrouvent souvent isolés de leurs familles en Iran, font l’objet de menaces directes.

Les témoignages recueillis par des médias français révèlent la gravité des intimidations. Des messages menaçants, tels que « On va te tuer à Londres » ou « Démissionne », sont régulièrement reçus par les employés, ajoutant une pression psychologique considérable à leur quotidien. En mars 2024, un journaliste de la chaîne a été agressé près de son domicile, soulignant le risque tangible que courent ceux qui travaillent pour ce média.

Malgré ces menaces, les journalistes d’Iran International continuent de couvrir l’actualité en provenance d’Iran. La rédaction utilise des vidéos et des photos envoyées par des contacts sur le terrain, bien que le régime tente de restreindre l’accès à l’information en imposant un black-out sur Internet durant les manifestations. Avant cette coupure, la chaîne recevait jusqu’à 12 000 messages quotidiens, un chiffre qui a chuté à 400, mais qui reste suffisant pour maintenir un suivi de la situation en Iran.

Les récentes annonces de Téhéran, qui incluent l’arrestation de 18 personnes accusées d’avoir fourni des informations à Iran International, visent à intimider les soutiens locaux de la chaîne et à encourager l’autocensure parmi ceux qui pourraient contribuer à son contenu. En dépit de ces pressions, le porte-parole d’Iran International, Adam Baillie, affirme que la chaîne demeure indépendante et dément les accusations d’affiliation avec des puissances étrangères, notamment l’Arabie saoudite.

Alors que la chaîne continue de faire face à des dangers croissants, la vitalité de son reportage et l’engagement de ses équipes témoignent de leur détermination à informer sur les réalités de la vie en Iran, malgré l’intimidation et les menaces qui pèsent sur leur sécurité.