Le détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique pour le transit du pétrole, est à nouveau au cœur des tensions internationales. Après avoir annoncé le 20 avril sa réouverture aux navires commerciaux, l’Iran a décidé de refermer cette route, en réaction aux sanctions imposées par les États-Unis. Cette décision a été confirmée par Mohammad Bagher Ghalibaf, président du parlement iranien, qui a averti que si les États-Unis poursuivent leur blocus, le détroit « ne restera pas ouvert ».
EN BREF
- L’Iran a fermé le détroit d’Ormuz en réponse aux sanctions américaines.
- Le président américain Donald Trump maintient le blocus tant qu’aucun accord n’est signé.
- Les marchés accueillent la réouverture temporaire du détroit avec prudence.
Cette décision iranienne intervient alors que Téhéran avait auparavant « accepté de bonne foi » de permettre le passage d’un nombre limité de pétroliers. Les forces armées iraniennes ont dénoncé les actions des États-Unis, les qualifiant de « piraterie » sous couvert de blocus. Le commandement militaire a précisé que le détroit est désormais sous « contrôle strict » de l’Iran, ce qui soulève des inquiétudes quant à la sécurité maritime dans cette région cruciale.
Les tensions se sont intensifiées après que Donald Trump a déclaré qu’il maintiendrait le blocus sur les ports iraniens tant qu’un accord de paix ne sera pas établi. Lors d’une conférence de presse à bord d’Air Force One, il a évoqué la possibilité de ne pas prolonger le cessez-le-feu, qui doit expirer le 22 avril. « Je ne le prolongerai peut-être pas, mais le blocus continuera », a-t-il averti, soulignant ainsi sa position ferme face à Téhéran.
Malgré ces tensions, Trump a exprimé son optimisme quant à la conclusion d’un accord de paix, affirmant que les discussions étaient « très proches ». Il a également abordé le sujet de l’uranium enrichi, déclarant que l’Iran avait accepté de remettre ses stocks. Toutefois, Téhéran a rapidement démenti cette affirmation, avec le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, précisant que « l’uranium enrichi de l’Iran ne sera transféré nulle part ».
La réouverture temporaire du détroit d’Ormuz, annoncée en même temps que le cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, a suscité un espoir mesuré de paix au Moyen-Orient. Ce développement a entraîné une chute des prix du pétrole et un rebond sur les marchés boursiers européens et américains, après plusieurs semaines de guerre qui ont profondément affecté l’économie mondiale.
Trump a réagi à cette situation en remerciant l’Iran sur sa plateforme Truth Social, tout en réaffirmant que le blocus américain resterait « totalement en vigueur » jusqu’à la conclusion des négociations. Ces pourparlers, qui se déroulent sous l’égide du Pakistan, cherchent à organiser une seconde session de discussions entre Téhéran et Washington, après une première rencontre à Islamabad le week-end précédent.
Les prochains jours seront cruciaux pour l’évolution de la situation dans le détroit d’Ormuz. La communauté internationale observe attentivement les développements, conscients que chaque décision pourrait avoir des conséquences significatives sur la stabilité régionale et mondiale.