Les autorités de santé mondiale sont en état d’alerte face à une épidémie d’Ebola qui prend de l’ampleur en République démocratique du Congo. Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a qualifié la situation d' »extrêmement grave et difficile à contenir ». Son intervention est attendue ce mardi lors de sa visite dans le pays, marquée par des défis considérables dans la gestion de cette flambée.
EN BREF
- Épidémie d’Ebola déclarée en RDC le 15 mai, avec 101 cas confirmés.
- Le virus Bundibugyo, sans traitement ni vaccin, inquiète les autorités sanitaires.
- La situation pourrait toucher dix autres pays africains voisins.
La RDC a annoncé une épidémie liée à la souche Bundibugyo, qui est considérée comme rare et pour laquelle aucun vaccin ni traitement spécifique n’est actuellement disponible. Au moment où l’OMS a communiqué ces informations, le pays comptait déjà 101 cas confirmés et dix décès. Cependant, les autorités sanitaires estiment que la réalité pourrait être bien plus inquiétante. Tedros a mentionné plus de 900 cas suspects et 220 décès suspects, soulignant la gravité de la situation.
La rapidité de la propagation de l’épidémie pose des défis importants. « Nous tentons de rattraper une épidémie qui avance très rapidement », a déclaré Tedros. En conséquence, l’OMS a décidé d’intensifier ses opérations d’urgence, bien que la progression de l’épidémie reste supérieure à la capacité de réponse actuelle. Vendredi dernier, l’organisation a relevé le niveau d’évaluation du risque en RDC de « élevé » à « très élevé », tandis que le risque pour la région et le monde a été maintenu à « élevé » et « faible », respectivement.
Cette flambée est déjà la 17e épidémie d’Ebola enregistrée en RDC. Le virus Bundibugyo a été identifié lors de deux précédents foyers épidémiques, en Ouganda en 2007 et en RDC en 2012. Les caractéristiques de cette maladie incluent une fièvre hémorragique contagieuse, avec un taux de létalité pouvant atteindre 50 %. Entre 2018 et 2020, une épidémie antérieure dans l’est de la RDC avait causé près de 2 300 morts.
Les inquiétudes se portent également sur la possibilité d’une propagation régionale. Dix pays africains, en plus de la RDC et de l’Ouganda, sont considérés comme exposés. Lundi, l’Ouganda a confirmé deux nouveaux cas, portant le total à sept contaminations, dont un décès. Tedros a insisté : « Les pays limitrophes de la RDC doivent agir immédiatement ».
La réponse à cette crise sanitaire est d’autant plus complexe dans la province de l’Ituri, où se situe le principal foyer épidémique. Cette région, difficile d’accès en raison des violences de groupes armés, abrite plus d’un million de déplacés. L’OMS souligne également la méfiance d’une partie de la population locale envers les autorités sanitaires. « Il existe une grande méfiance envers les autorités extérieures », a précisé le directeur de l’OMS.
Face à ce contexte alarmant, l’OMS et l’Africa CDC intensifient leurs efforts pour contenir une épidémie qui s’annonce comme l’un des défis majeurs de santé publique en Afrique. La coopération régionale et l’engagement des gouvernements locaux seront cruciaux pour éviter une propagation encore plus large.