Lucas Larivée condamné à 30 ans de prison pour le meurtre de Justine Vayrac

Le verdict est tombé ce samedi 22 mars : Lucas Larivée a été condamné à une peine de 30 ans de réclusion criminelle, avec une période de sûreté de 20 ans, pour le viol et le meurtre de Justine Vayrac, survenu en 2022 en Corrèze. Cette décision a été prononcée après six heures de délibération par les jurés, qui ont opté pour une peine légèrement inférieure à la réclusion criminelle à perpétuité, laquelle avait été demandée par le parquet.

EN BREF

  • Lucas Larivée condamné à 30 ans de réclusion pour le meurtre de Justine Vayrac.
  • La défense a plaidé l’accident, mais les preuves ont contredit cette thèse.
  • Les proches de la victime réaffirment leur confiance en la justice.

Lors du procès, l’avocate générale Émilie Abrantes a décrit Larivée, âgé de 24 ans, comme « prisonnier de ses mensonges » durant les six jours d’audience. Bien qu’elle ait reconnu qu’il n’est « pas un monstre », elle a souligné qu’il présente « tous les traits de personnalité » d’un psychopathe, le qualifiant de dangereux pour la société. Émotionnellement touchée, la mère de Justine a réagi avec émotion à l’annonce du verdict, enlaçant la mère de l’accusé, un geste qui a marqué ce moment tragique.

La famille Vayrac a exprimé sa satisfaction quant à la décision de justice. Le beau-père de Justine a déclaré que leur confiance dans le système judiciaire reste intacte. De son côté, l’avocat de la défense, Me Michel Labrousse, a choisi de ne pas commenter le verdict, indiquant que la décision d’un appel ne se prend pas sur un coup de tête.

Lucas Larivée n’est pas étranger aux problèmes judiciaires, ayant déjà été condamné pour une affaire d’incendie volontaire. Présenté comme « intolérant à la frustration » par les experts psychiatres, il a été jugé pour le meurtre de Justine, 20 ans, survenu après une soirée en discothèque à Brive-la-Gaillarde. Le parquet a décrit les actes de Larivée comme une « mécanique machiavélique et glaçante ».

Il a été révélé que, après le meurtre, Larivée a tenté de rassurer ses amis par téléphone, enterré le corps de Justine et accusé une personne fictive d’être responsable. L’avocat de la défense a contesté l’évaluation psychiatrique, affirmant qu’un précédent rapport n’avait pas identifié de traits psychopathiques chez son client.

Au cours de sa plaidoirie, qui a duré près de quatre heures, les proches de la victime ont quitté la salle, ne pouvant supporter les propos de la défense. Me Labrousse a qualifié le rapport d’expertise psychiatrique de « torchon », arguant qu’il a contribué à créer un profil de tueur en série autour de Larivée. Il a suggéré que la décision des jurés devrait être fondée sur des preuves tangibles et non sur des spéculations.

La défense a soutenu que la mort de Justine était un accident survenu lors d’un jeu sexuel consenti qui aurait mal tourné. Cependant, cette thèse a été battue en brèche par les preuves présentées lors du procès, notamment des projections de sang et des témoignages corroborant la violence des actes de Larivée. Une deuxième victime a également témoigné d’une expérience similaire dans le même lit, quelques heures après la mort de Justine.

Au début de l’affaire, Larivée avait tenté de se dédouaner en évoquant l’intervention d’un tiers, une histoire qui s’est révélée être une invention. L’avocate générale a insisté sur le fait que ce mensonge ne l’innocente pas, mais l’accable davantage.

Justine Vayrac a été décrite par ses proches comme « douce » et « très sensible ». Le soir des faits, elle était alcoolisée et vulnérable, devenant ainsi une proie pour Larivée, qui avait l’habitude de séduire de jeunes femmes. Ce procès a révélé les détails tragiques d’une affaire qui a profondément marqué la région.

Lucas Larivée, dans un moment de faiblesse, a qualifié son geste d’« irréparable » et d’« impardonnable », tout en maintenant sa version de l’accident. En larmes, il a exprimé son chagrin face aux parents de la victime, mais son regard accusateur sur la réalité des faits demeure gravé dans les mémoires.