À Vallet, en Loire-Atlantique, la situation financière de Lucie a radicalement changé. Après avoir été hospitalisée pour un burn-out en décembre 2024, elle s’est retrouvée en arrêt de travail. Bien que sa pathologie ait été reconnue comme maladie professionnelle en octobre 2025, elle n’a plus reçu d’indemnités depuis mi-novembre, son dossier étant bloqué au sein de la CPAM de Loire-Atlantique.
EN BREF
- Lucie n’a pas perçu ses indemnités journalières depuis novembre 2025.
- Un logiciel, Arpège, gérant les indemnisations, est à l’origine des blocages.
- La députée Sophie Errante s’est impliquée pour tenter de résoudre la situation.
Le problème majeur réside dans le logiciel Arpège, qui a été mis en place pour automatiser la gestion des indemnités journalières. Testé depuis octobre 2024 dans les CPAM de Loire-Atlantique et de Vendée, il a causé des retards pour environ 10 000 assurés, dont Lucie. Elle a déclaré : « J’avais des indemnités journalières en maladie ordinaire jusqu’à mi-novembre. À partir de là, je ne recevais plus rien. » Ce blocage a eu des conséquences désastreuses sur sa situation financière.
Sans revenus, Lucie a été contrainte de solliciter des avances auprès de la CPAM, mais ces demandes sont restées sans réponse pendant des semaines. « La CPAM me doit entre 10 et 12 000 euros », a-t-elle précisé, ajoutant qu’elle avait épuisé toutes ses économies. Ses charges fixes s’élevant à 2 000 euros par mois, la situation est devenue intenable. Une aide exceptionnelle de 400 euros qu’elle a reçue a été perçue comme une insulte face à son désespoir.
Arpège, développé pour environ 37 millions d’euros par la société Sopra Steria, est censé faciliter le calcul des droits et centraliser les arrêts de travail. Cependant, de nombreux dossiers, comme celui de Lucie, sont figés et nécessitent des interventions manuelles répétées. Les CPAM de Loire-Atlantique et de Vendée, pilotes du projet, ont vu le nombre d’assurés touchés grimper progressivement, certains se retrouvant avec des arriérés de plusieurs milliers d’euros.
Face à cette impasse, Lucie a tenté d’obtenir des explications auprès de la CPAM, mais chaque appel s’est soldé par une détresse accrue. « À chaque fois que je les ai appelés, ça a entraîné des pleurs au téléphone. J’étais mal », confie-t-elle. Elle ressent une profonde empathie envers les agents au bout du fil, qui semblent également désarmés face à la situation.
Pour faire avancer son dossier, Lucie a contacté la députée Sophie Errante. Après avoir échangé par mail, elle a reçu un retour de l’assistante de la députée, qui lui a assuré que ce problème n’était pas isolé. Un rendez-vous avec la CPAM de Clisson devait avoir lieu le 27 janvier, mais il a été annulé par SMS. Lucie attend désormais une régularisation de son dossier, espérant au moins recevoir une date précise pour anticiper ses obligations financières.
La Défenseure des droits, en décembre 2025, a pris position en faveur des assurés victimes de ces dysfonctionnements liés à Arpège. Contactée, la CPAM de Loire-Atlantique n’a pas répondu aux sollicitations.
Alors que Lucie se bat pour retrouver une certaine stabilité financière, cette situation soulève des interrogations sur l’efficacité des systèmes numériques mis en place par l’Assurance maladie et sur l’impact des choix technologiques sur la vie des assurés.