Luiz Inácio Lula da Silva, le président brésilien de gauche, a lancé sa campagne pour un quatrième mandat ce dimanche 2 août. À 80 ans, Lula, qui a déjà dirigé le pays de 2003 à 2010, s’est exprimé lors d’une convention de son Parti des travailleurs (PT) à São Paulo, devant environ 3 000 partisans. Son retour au pouvoir en 2023 a donné le ton à une campagne électorale marquée par des enjeux cruciaux, notamment la concurrence avec Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro.
EN BREF
- Lula souhaite un quatrième mandat en octobre 2023.
- Il affronte Flavio Bolsonaro, fils de Jair Bolsonaro.
- La campagne est influencée par la politique américaine et les droits de douane.
Lors de cet événement, Lula a insisté sur sa bonne forme physique, déclarant vouloir « se battre contre la vieillesse ». Il a comparé sa situation à celle des footballeurs Lionel Messi et Cristiano Ronaldo, qui ont participé à six Coupes du monde, affirmant qu’il se préparait pour sa « septième » candidature. À ses côtés, sa femme, Rosangela « Janja » da Silva, a affiché son soutien en portant un tee-shirt à l’effigie de son mari enfant.
La campagne de Lula ne se déroule pas sans tensions. Il se retrouve à devoir convaincre les électeurs que son âge ne constitue pas un handicap. Flavio Bolsonaro, son adversaire, a été désigné comme un « traître à la patrie » par Lula, qui l’accuse d’avoir incité les États-Unis à imposer des droits de douane sur des produits brésiliens. Ce climat politique tendu est accentué par la présence de Donald Trump, qui, bien que non mentionné directement par Lula, reste une figure omniprésente dans le paysage électoral brésilien.
Les relations entre le Brésil et les États-Unis ont été marquées par des tensions commerciales. En juillet, Washington a imposé deux séries de droits de douane sur des produits brésiliens, soulevant des inquiétudes quant à la coopération économique entre les deux pays. Lula, qui a été en désaccord avec Trump par le passé, se positionne maintenant sur le thème de la « souveraineté » dans sa campagne.
Les enquêtes judiciaires constituent également un enjeu majeur pour les deux candidats. Flavio Bolsonaro est sous le coup d’une enquête portant sur le financement d’un film consacré à son père, tandis que « Lulinha », le fils de Lula, fait l’objet de soupçons de corruption et de trafic d’influence. Ces affaires rappellent à Lula son passé tumultueux, ayant passé 580 jours en prison entre 2018 et 2019 pour corruption, avant que sa condamnation ne soit annulée en raison de vices de procédure.
Malgré ces défis, Lula peut se prévaloir d’une croissance économique solide et d’un taux d’emploi record. Toutefois, dans un pays où le coût de la vie constitue une préoccupation majeure, il doit faire face aux critiques des familles touchées par l’inflation. La question de la sécurité demeure également cruciale, alors que de nombreux Brésiliens vivent sous la menace du crime organisé dans les quartiers populaires.
Un récent sondage de l’institut Datafolha indique que Lula recueille 48 % des intentions de vote au second tour, contre 43 % pour Flavio Bolsonaro. Ce dernier, bien que contesté, semble maintenir sa position au sein d’un électorat fortement polarisé. Les mois à venir s’annoncent donc décisifs pour Lula, qui aspire à naviguer entre un passé tumultueux et un avenir incertain, tout en tentant de reconquérir le cœur des Brésiliens.