Magali Berdah dénonce le cyberharcèlement : « Une mise à mort » pour les victimes

Dans un entretien accordé à l’AFP, Magali Berdah, agente d’influenceurs, a évoqué les ravages du cyberharcèlement sur sa vie. Elle décrit cette violence, qui « ne se limite pas au web », comme une véritable « mise à mort » qui touche aussi bien les victimes que leurs proches. Berdah, qui a récemment porté plainte contre le rappeur Booba, appelle les victimes à se tourner vers la justice.

EN BREF

  • Magali Berdah décrit le cyberharcèlement comme une « vraie mise à mort ».
  • Le harcèlement a été alimenté par Booba, qui s’est défendu de toute accusation.
  • Berdah encourage les victimes à porter plainte et demande une meilleure régulation des plateformes.

Le harcèlement en ligne a pris une ampleur inquiétante, et Magali Berdah en est une victime emblématique. « Comme une massue qui vous écrase tous les jours », elle illustre ainsi le poids de cette violence invisible, qui s’insinue dans la vie quotidienne. Les appels anonymes et les insultes ne sont pas des incidents isolés, mais font partie d’une réalité que beaucoup ignorent.

Depuis le début de la croisade médiatique de Booba contre les influenceurs en 2022, Berdah a été l’une de ses cibles préférées. Le parquet de Paris a requis un renvoi en correctionnelle contre le rappeur, soulignant une « volonté de nuire ». Les attaques, souvent accompagnées d’insultes ciblant son apparence physique ou sa religion, témoignent d’une campagne de dénigrement systématique qui dépasse le cadre numérique.

Les répercussions de ce harcèlement vont bien au-delà du monde virtuel. Berdah a relaté comment, dans sa vie de tous les jours, elle a été victime d’insultes dans la rue, allant jusqu’à s’isoler pour éviter les confrontations. « Je ne sortais plus », confie-t-elle, reflétant l’état de détresse dans lequel elle se trouve.

Dans ses réflexions, elle évoque une angoisse persistante qui pèse sur ses proches. « Je me suis dit : il faut mourir, parce que je veux arrêter de vivre avec cette angoisse », admet-elle, révélant la profondeur de sa souffrance. Ce qui lui a permis de tenir, c’est le soutien de sa famille. Son mari a même pris des mesures pour cacher les médicaments, soulignant la gravité de la situation.

Malgré les conseils de quitter les réseaux sociaux, Berdah refuse de se plier à cette logique. À ses yeux, abandonner ses activités serait une forme de capitulation. « Est-ce que vous pouvez lui dire à lui d’arrêter, par contre, s’il vous plaît ? », s’interroge-t-elle, soulignant l’absurdité de la situation.

Son parcours n’est pas sans complexité. Ancienne animatrice de téléréalité, elle est souvent perçue par la société comme « la mauvaise victime ». Un passé judiciaire, bien que révolu, a terni son image. « J’ai payé, remboursé et assumé », précise-t-elle, insistant sur le fait que cela ne devrait pas définir sa valeur actuelle.

Malgré ces épreuves, Berdah a trouvé du soutien auprès des enquêteurs de l’Office central de lutte contre la haine en ligne (OCLCH). Elle se sent entourée de personnes qui se battent pour elle, une lueur d’espoir dans un océan de désespoir. « Si je n’avais pas eu le PNLH et l’OCLCH, je ne serais pas en face de vous aujourd’hui », déclare-t-elle avec gratitude.

Pour les victimes de cyberharcèlement, son message est clair : porter plainte est essentiel. « Un harceleur ne s’arrête jamais », prévient-elle. Elle appelle également les plateformes à mieux réguler leurs utilisateurs afin de protéger les individus visés par des attaques en ligne.

Enfin, elle exhorte la société à faire preuve d’empathie envers les victimes, qui souvent se trouvent rejetées. Un simple mot de réconfort peut parfois changer le cours d’une vie. Magali Berdah se décrit aujourd’hui comme une « guerrière », mais son combat est loin d’être terminé.