Magali Berdah dénonce le cyberharcèlement : « Une mise à mort » quotidienne

Le cyberharcèlement, pour Magali Berdah, agente d’influenceurs, représente une véritable violence psychologique. Dans une interview accordée à l’AFP, elle a décrit son expérience personnelle face à cette déferlante de haine en ligne, tout en incitant les victimes à se tourner vers la justice. Ce phénomène, qui ne se limite pas à Internet, a des répercussions profondes sur la vie quotidienne des personnes touchées.

EN BREF

  • Magali Berdah évoque le cyberharcèlement comme une « mise à mort » quotidienne.
  • Elle a porté plainte contre Booba, dont les attaques durent depuis mai 2022.
  • Berdah appelle à une meilleure régulation des plateformes et à plus d’empathie de la société.

Au cours de son entretien, Berdah a partagé une anecdote révélatrice de sa souffrance : « Comme une massue qui vous écrase tous les jours. Ça vous tue petit à petit ». Elle a décrit les appels anonymes qu’elle reçoit, souvent agrémentés d’insultes. « Le +sale pute+, c’est vraiment le plus gentil message que j’ai pu recevoir », témoigne-t-elle, illustrant l’ampleur de l’agression qu’elle subit.

Les attaques de Booba, dont le vrai nom est Elie Yaffa, se sont intensifiées entre mai 2022 et juin 2025. Le parquet de Paris a récemment requis un renvoi en correctionnelle à son encontre. Le rappeur, qui a lancé une croisade contre les influenceurs, est accusé d’avoir incité sa communauté à le harceler.

Les réquisitions judiciaires mettent en lumière une « volonté de nuire » de la part de Booba, qui a proféré des critiques sur l’apparence physique de Berdah et a même remis en question ses origines. « Le cyberharcèlement ne se limite pas au web. Il entre dans votre vie », a-t-elle déclaré, évoquant les insultes qu’elle reçoit même dans la rue.

Berdah a expliqué qu’elle a envisagé de mettre fin à ses jours sous le poids de cette angoisse incessante. « Je me suis dit : +OK il faut mourir… parce que je veux arrêter de vivre avec cette angoisse, je veux libérer ma famille+ », a-t-elle confié. Elle a trouvé du soutien auprès de ses proches, qui l’ont aidée à traverser cette période sombre. « Mon mari a caché toutes les boîtes de médicaments », a-t-elle ajouté.

Face à cette situation, elle a ressenti un isolement profond, accentué par les conseils de certains de quitter les réseaux sociaux. « À quel moment vous osez me dire de couper mes réseaux sociaux? Est-ce que vous pouvez lui dire à lui d’arrêter, par contre, s’il vous plaît? », s’est-elle indignée.

Berdah, qui a également un passé judiciaire, ne se considère pas comme la « bonne victime » aux yeux de la société. Elle a été condamnée en 2019 pour abus de faiblesse, mais insiste sur le fait que ces événements remontent à plus de dix ans. « J’ai payé, remboursé et assumé », a-t-elle affirmé, en soulignant qu’elle se bat aujourd’hui pour faire évoluer les mentalités concernant le cyberharcèlement.

Elle a trouvé un certain réconfort auprès des enquêteurs de l’Office central de lutte contre la haine en ligne (OCLCH). « Si je n’avais pas eu le PNLH et l’OCLCH, je ne serais pas en face de vous aujourd’hui. Sincèrement, je leur dois la vie », a-t-elle déclaré, renforçant l’idée que le soutien institutionnel est essentiel pour les victimes.

Pour conclure, Magali Berdah encourage toutes les personnes victimes de cyberharcèlement à porter plainte, soulignant que « un harceleur ne s’arrête jamais ». Elle appelle également les plateformes à mettre en place une régulation plus stricte. Enfin, elle exhorte la société à faire preuve d’empathie : un simple mot de réconfort peut parfois aider les victimes à surmonter leur ostracisation.