La circonscription de Makerfield, située dans la banlieue de Manchester, est devenue le centre de l’attention politique britannique depuis le 15 mai. En effet, cette élection partielle pourrait radicalement influencer le sort de Keir Starmer, le leader du Parti travailliste, déjà affaibli par des événements récents. Candidat à cette élection, Andy Burnham, maire du Grand-Manchester, a l’opportunité de changer le paysage politique britannique si sa victoire se concrétise.
EN BREF
- Makerfield pourrait être déterminant pour l’avenir de Keir Starmer et du Labour.
- Andy Burnham, maire de Greater Manchester, se présente à cette élection partielle.
- La victoire de Burnham pourrait sceller le sort de Starmer, déjà contesté au sein de son parti.
Andy Burnham, âgé de 56 ans, doit remporter ce siège pour espérer briguer la tête du Labour, car un mandat local ne suffit pas pour accéder au poste de Premier ministre. Le contexte est particulièrement tendu pour Starmer, qui fait face à une pression croissante de la part de ses propres députés. En effet, près d’un quart de sa majorité souhaite son départ, ce qui soulève des questions sur sa légitimité à la tête du parti.
Récemment, Starmer a subi des revers majeurs, avec la démission de quatre secrétaires d’État, dont Wes Streeting, ministre de la Santé et un des principaux rivaux du Premier ministre. Streeting a d’ailleurs exprimé son soutien à Burnham dans cette campagne, renforçant ainsi la pression sur Starmer.
L’élection partielle à Makerfield n’a pas été un processus simple. Burnham a dû convaincre un député local de démissionner pour qu’il puisse se porter candidat. Cela a pris du temps, car plusieurs élus ont refusé de céder leur place. Finalement, Josh Simons, député de Makerfield depuis 2024, a accepté de démissionner, permettant à Burnham de se lancer dans la course. Simons a déclaré : « Le Parti travailliste doit changer, et c’est tout le gouvernement qui doit changer », soulignant ainsi son soutien à Burnham.
Cependant, la route vers la victoire n’est pas pavée de roses pour Burnham. Makerfield, autrefois bastion du Labour, a récemment vu son électorat de classe ouvrière se détourner vers l’extrême droite. Lors des dernières élections locales, le parti Reform UK de Nigel Farage a remporté 24 des 25 sièges de la circonscription, mettant en lumière une tendance inquiétante pour les travaillistes.
John Curtice, expert en sondages à l’université de Strathclyde, a affirmé que si Burnham n’était pas le candidat, le Labour aurait eu « moins de 5 % de chances » de l’emporter face à l’extrême droite. Ce constat met en exergue l’importance cruciale de cette élection pour le futur du parti et de ses dirigeants.
Le ton de la compétition a été donné, avec des déclarations percutantes de Nigel Farage, qui a promis que son parti « mettrait absolument toutes ses forces dans la bataille ». Pour Burnham, une victoire garantirait une avancée significative vers Downing Street, tandis qu’une défaite pourrait marquer la fin de sa carrière politique.
La campagne pour remporter Makerfield sera intense et scrutée de près par les observateurs politiques. Selon les règles électorales britanniques, cette élection partielle devrait avoir lieu au plus tôt à la mi-juin, laissant encore plusieurs semaines de tensions politiques.
Dans ce contexte de rivalités internes et de défis externes, l’issue de cette élection pourrait bien redéfinir le paysage politique du Royaume-Uni et le rôle du Parti travailliste dans les années à venir.