À l’occasion du lancement de l’Initiative Santé du Foie et MASH, plusieurs acteurs de la santé lancent une alerte sur une maladie chronique du foie encore largement méconnue. Connue sous le nom de MASH, ou stéatohépatite associée à un dysfonctionnement métabolique, cette pathologie est étroitement liée à l’obésité et au diabète. Souvent asymptomatique pendant de nombreuses années, elle peut conduire à des complications graves telles que la cirrhose ou le cancer du foie.
EN BREF
- Près de 8 millions de Français souffrent de stéatose hépatique, dont une partie évolue vers la MASH.
- La maladie progresse souvent sans symptômes, rendant son diagnostic difficile.
- Une initiative vise à sensibiliser le public et les professionnels de santé à cette maladie et à ses risques.
Selon les données françaises, la stéatose hépatique, liée à un dysfonctionnement métabolique, toucherait environ 18,2 % des adultes, ce qui représente près de 7,8 millions de personnes. Parmi elles, un nombre croissant pourrait être affecté par la MASH, une forme plus sévère qui résulte d’une accumulation de graisse dans le foie.
Une maladie silencieuse aux conséquences graves
La MASH évolue souvent sans provoquer de symptômes évocateurs. Les patients peuvent ressentir une fatigue ou une gêne diffuse, mais ces signes restent peu spécifiques. De plus, il arrive que les analyses sanguines ne révèlent aucune anomalie significative. Par conséquent, de nombreux patients ignorent leur état jusqu’à ce que des complications surviennent.
Il est crucial de comprendre que plus la fibrose progresse, plus le risque de cirrhose, d’insuffisance hépatique ou de cancer du foie augmente. Environ 20 % des personnes présentant une fibrose avancée ou une cirrhose développeront des complications majeures dans les années qui suivent.
Une épidémie mondiale
La MASH est en forte augmentation, non seulement en France mais également à l’échelle mondiale. Elle accompagne l’augmentation des maladies métaboliques, principalement chez les personnes souffrant d’obésité, de diabète de type 2 ou de dyslipidémies. Les chiffres montrent que jusqu’à 70 à 80 % des personnes obèses et plus de 60 % des patients diabétiques présentent une accumulation de graisse dans le foie.
Malgré ces chiffres alarmants, seule une faible proportion des personnes concernées est actuellement diagnostiquée. La gravité de la MASH ne se limite pas aux atteintes hépatiques. Les maladies cardiovasculaires constituent la première cause de décès chez ces patients. En outre, la MASH est associée à un risque accru de divers cancers, tels que le cancer colorectal, mammaire, pulmonaire ou de la prostate, surtout lorsque la fibrose est avancée.
Une initiative pour la santé du foie
Pour mieux faire connaître cette maladie, l’Initiative Santé du Foie et MASH a été récemment créée. Ce collectif regroupe l’association SOS Hépatites & Maladies du Foie, l’entreprise française Echosens, spécialisée dans l’évaluation non invasive de la santé du foie, et le laboratoire Madrigal Pharmaceuticals, engagé dans le développement de traitements contre la MASH.
Leur objectif est de faire reconnaître la santé du foie comme un véritable enjeu de santé publique, d’améliorer l’information des professionnels et du grand public, ainsi que de favoriser l’identification des personnes à risque. La sensibilisation autour de cette maladie est plus que jamais nécessaire, car chaque année, environ 800 morts pourraient être évités en France grâce à un meilleur diagnostic et une prise en charge adéquate.
À l’heure où les maladies métaboliques sont en forte hausse, il est essentiel de se pencher sur la santé du foie et de ne pas négliger les signes, même discrets, qui peuvent indiquer des problèmes sous-jacents. La MASH est un exemple parfait de ces maladies silencieuses qui, lorsqu’elles ne sont pas détectées à temps, peuvent avoir des conséquences dévastatrices.