La question de l’impact des repas tardifs sur notre santé suscite de plus en plus d’intérêt. Contrairement à une idée reçue, ce n’est pas tant l’heure à laquelle l’on mange qui est à remettre en question, mais plutôt le laps de temps qui s’écoule entre le dîner et le coucher. Les effets d’un repas pris tardivement peuvent en effet être plus complexes qu’il n’y paraît.
EN BREF
- Les repas tardifs peuvent perturber le métabolisme et favoriser la prise de poids.
- Un dîner léger est recommandé pour éviter les désagréments digestifs nocturnes.
- Les sucres doivent être limités et intégrés dans un repas pour minimiser l’impact sur la glycémie.
Les experts s’accordent à dire qu’un dîner lourd, pris juste avant de dormir, peut engendrer des troubles comme le reflux gastro-œsophagien, causant ainsi des brûlures et des douleurs. À long terme, les études indiquent que des repas pris tardivement pourraient perturber le rythme circadien, affectant la production de ghréline, hormone de la faim, et de leptine, hormone de la satiété. Cela soulève des questions sur la relation entre le moment des repas et les risques d’obésité et de diabète.
Les diététiciens, tels qu’Alexandra Murcier, soulignent que les conséquences néfastes sont surtout observées chez les personnes qui dînent régulièrement tard et de manière copieuse. Un repas occasionnel pris tard, comme lors d’une sortie ou d’une célébration, ne devrait pas avoir d’effets significatifs sur votre santé. L’adage populaire qui recommande de « manger comme un roi au petit-déjeuner, comme un prince au déjeuner et comme un pauvre au dîner » met en lumière la perception selon laquelle les calories absorbées en soirée seraient plus néfastes.
Les effets du dîner tardif sur le métabolisme
Pour perdre du poids efficacement, il est essentiel d’opter pour un déficit calorique, c’est-à-dire de brûler plus de calories que celles que l’on consomme. Cependant, la pratique régulière de dîners tardifs pourrait compromettre le métabolisme nocturne et perturber l’équilibre glycémique. Il est donc conseillé de maintenir un intervalle de temps raisonnable entre le dîner et le coucher pour éviter que la digestion n’interfère avec le sommeil et, à long terme, pour protéger le métabolisme nocturne des glucides et de l’insuline.
Pour ceux qui n’ont pas d’autre choix que de dîner tard, il est préférable de privilégier des repas légers. Par exemple, un plat riche en graisses ou en féculents peut ralentir la digestion. « Les aliments sucrés, souvent qualifiés de « calories vides », ne doivent pas dépasser 10 % de l’apport calorique journalier », avertit la diététicienne. Il est également conseillé de réserver les sucreries pour le repas du soir plutôt que le matin, lorsque la glycémie est naturellement élevée.
Recommandations pour un dîner équilibré
Il est essentiel de ne pas consommer de sucre seul durant la journée, car cela peut entraîner des pics de glycémie. En intégrant des sucres à la fin d’un repas, les autres aliments (fibres et protéines) ralentissent leur absorption dans le sang, atténuant ainsi la réponse insulinique. La quantité calorique appropriée pour un repas varie selon les besoins individuels. En général, un dîner devrait représenter environ un tiers de l’apport calorique quotidien pour ceux qui prennent un petit-déjeuner, et jusqu’à 40 % pour ceux qui ne mangent pas le matin.
Les recommandations des diététiciens insistent sur l’importance de la qualité des repas, surtout en soirée. En respectant ces conseils, vous pourrez non seulement profiter de vos repas tardifs sans culpabilité, mais aussi préserver votre santé à long terme.