Manifestation à Carcassonne contre les décisions du maire RN Christophe Barthès

Le 29 avril 2026, plus de 300 personnes ont défilé à Carcassonne pour exprimer leur opposition à l’extrême droite, suite à l’élection du maire du Rassemblement National, Christophe Barthès. Cette mobilisation a été organisée par le collectif « Nous Carcassonne », qui s’est formé après la victoire électorale de Barthès, et a mis en lumière des décisions jugées préoccupantes par la population et le tissu associatif local.

EN BREF

  • Plus de 300 manifestants se sont réunis à Carcassonne contre l’extrême droite.
  • Le maire RN, Christophe Barthès, a pris des mesures controversées, incluant un arrêté anti-mendicité.
  • Le collectif « Nous Carcassonne » appelle à la résistance face aux dérives de l’extrême droite.

Les participants ont commencé leur marche depuis le centre-ville, se dirigeant vers la célèbre citadelle médiévale, un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Sur des pancartes et drapeaux, des slogans tels que « Pas de nazis dans notre ville » et « Parce que la violence n’a jamais fait une Cité » ont résonné, illustrant les craintes croissantes d’une partie de la population face à la montée de l’extrême droite.

Yassine El Kdim, cofondateur du collectif « Nous Carcassonne », a déclaré : « Carcassonne a basculé aux mains de l’extrême droite mais notre cité doit être le bastion de la résistance. » Ces mots traduisent une volonté forte de contrer les politiques mises en place par le nouveau maire. Ce dernier a récemment annoncé des mesures qui suscitent de vives inquiétudes, notamment un arrêté anti-mendicité et le retrait de certaines subventions, dont celle de la Ligue des droits de l’Homme.

Le climat s’est tendu lorsque le maire a menacé de retirer les subventions à toute association participant à des manifestations. « On va regarder qui manifeste demain, en prenant des mesures », a-t-il déclaré, une annonce qui a été accueillie avec détermination par les manifestants. Nolan Boutaleb, un étudiant de 19 ans et également cofondateur de « Nous Carcassonne », a affirmé : « Ça ne nous fait pas peur. Justement, c’est encore plus encourageant, ça nous motive à nous mobiliser. »

Carole, une retraitée de 71 ans, a également pris part à la manifestation, soulignant ses craintes face à l’avenir. « C’est un avant-goût de ce que pourrait être l’extrême droite », a-t-elle partagé, accompagnée de son mari Laurent, âgé de 73 ans. Cette mobilisation a réuni des personnes de tous âges, témoignant d’une inquiétude collective face aux évolutions politiques de leur ville.

Le maire a multiplié les décisions controversées depuis son élection, notamment le retrait du drapeau européen du fronton de la mairie. Patrick Bordes, professeur de français et co-secrétaire départemental de la FSU, a rappelé que « le fait d’être élu ne donne pas tous les droits ». Cette phrase résonne comme un appel à la vigilance et à la défense des valeurs démocratiques.

Le collectif « Nous Carcassonne » a reçu le soutien de diverses organisations syndicales et associations, telles que la CGT, la FSU, la LDH et SOS Racisme, toutes unies dans la lutte contre les dérives de l’extrême droite. Cette manifestation n’est pas qu’un simple acte de protestation ; elle représente une volonté collective de défendre la démocratie et les valeurs de tolérance au sein de la cité.

Les événements de ce jour à Carcassonne marquent ainsi un tournant dans l’engagement citoyen face à des politiques jugées préoccupantes. La mobilisation d’hier pourrait très bien être le début d’une série de mouvements visant à rappeler à ceux au pouvoir que la voix du peuple ne doit pas être ignorée.