Manifestation à Tel-Aviv : des milliers d’opposants à la guerre face aux sirènes d’alerte

Ce samedi soir, Tel-Aviv a été le théâtre d’une manifestation antiguerre marquée par une scène pour le moins surréaliste. Les sirènes d’alerte, signalant un éventuel tir vers Israël, ont interrompu un rassemblement qui avait déjà suscité une intense mobilisation. « Paradoxal et triste », a résumé un manifestant, témoignant du climat ambiant.

EN BREF

  • Plus d’un millier de manifestants ont défilé à Tel-Aviv contre les guerres en cours.
  • Les forces de sécurité ont tenté de disperser la foule lors de l’alerte à la roquette.
  • Le soutien à la guerre contre l’Iran montre des signes d’érosion parmi la population.

La manifestation, qui s’est tenue sur la place Habima, a rassemblé des voix s’élevant contre les « guerres sans fin » et le cycle de violence qui touche le pays depuis plusieurs années. En effet, depuis le début d’une offensive militaire conjointe d’Israël et des États-Unis contre l’Iran, le climat au Moyen-Orient est tendu. Des tensions exacerbées par l’engagement d’Israël sur un autre front, celui du Liban, où il se confronte au Hezbollah, allié de Téhéran.

Alon-Lee Green, co-directeur de l’organisation Standing Together qui a coordonné cet événement, a exprimé sa satisfaction face à l’augmentation du nombre de participants, affirmant que le mouvement antiguerre prenait de l’ampleur. « Nous sommes ici pour demander la fin de la guerre en Iran, de la guerre au Liban, de la guerre à Gaza qui continue, et la fin des pogroms en Cisjordanie », a-t-il martelé.

Cette mobilisation a connu un fort élan, avec des chiffres dépassant le millier de manifestants, alors que seulement 300 à 400 personnes s’étaient rassemblées la semaine précédente. Toutefois, malgré ce regain d’intérêt, le soutien à la guerre contre l’Iran reste majoritaire. Un sondage de l’Institut israélien de la démocratie montre que le soutien a chuté de 93 % à 78 % chez les Israéliens juifs en l’espace d’un mois.

Les slogans, tels que « Ne bombardez pas ! Discutez ! » et « Fin des conneries de Bibi ! » (référence à Benyamin Netanyahou), résonnaient au milieu des manifestants. La police, qui avait initialement limité le rassemblement à 150 personnes pour des raisons de sécurité, a rapidement tenté de disperser la foule, entraînant des tensions. Des cris appelant à la démocratie ont fusé, tandis qu’une dizaine de personnes ont été arrêtées.

Pourtant, malgré la montée en puissance des manifestations hebdomadaires, l’atmosphère parmi les antiguerres demeure empreinte de pessimisme. « Ça fait des années que je manifeste et que je vois la descente aux enfers de ce pays », a déclaré Edouard, un Franco-israélien qui préfère garder son nom secret. Il évoque un « lavage de cerveau » collectif, pointant du doigt la nécessité de sanctions de la part des pays européens. « Je suis israélien, j’en paierai le prix, mais je pense que c’est la chose à faire », a-t-il ajouté, exprimant son désespoir face à la situation.

Dans un contexte de tensions croissantes, Benyamin Netanyahou a promis, dans une déclaration vidéo diffusée samedi soir, de poursuivre sans relâche la campagne militaire contre l’Iran. Ce discours, en décalage avec les aspirations pacifistes des manifestants, illustre les défis complexes auxquels est confrontée la société israélienne aujourd’hui.