Manon Delcourt accuse une interpellation injustifiée après sa garde à vue

Ce jeudi, l’influenceuse Manon Delcourt, suivie par plus de 148.000 abonnés sur Instagram, a révélé avoir été placée en garde à vue, une situation qu’elle décrit comme les « 48 heures les plus sordides de son existence ». Dans une story publiée sur son compte, elle a dénoncé une interpellation qu’elle juge « disproportionnée », survenue dans le cadre d’une enquête concernant certains de ses contenus.

EN BREF

  • Manon Delcourt a été placée en garde à vue pour des propos jugés provocateurs.
  • Elle dénonce une interpellation disproportionnée par rapport à la gravité des accusations.
  • Le parquet a prévu une audience pour mai 2027, avec des restrictions imposées à l’influenceuse.

Manon Delcourt, qui se décrit aussi comme « 50 % journaliste », a toujours utilisé sa plateforme pour aborder des sujets de société tels que les violences conjugales et le racisme. Dans un épisode de son podcast publié le 5 octobre, elle a évoqué son soutien aux manifestations lycéennes, plaidant pour l’importance de ces mouvements tout en critiquant les violences policières. Sa prise de parole, après les manifestations du 17 octobre, a également été marquante. Elle a déclaré sur Instagram : « La violence peut être celle de l’État, quand des personnes évoluent dans autant de violences, vous ne pouvez pas vous étonner que leur réponse soit celle de la violence ». Cette déclaration a, semble-t-il, attiré l’attention des autorités.

Le parquet de Paris a confirmé que l’interpellation de Manon Delcourt s’inscrit dans le cadre d’une enquête ouverte pour « provocation à commettre un crime ou délit » et pour des menaces à l’encontre de personnes dépositaires de l’autorité publique. Son avocate a précisé que les propos incriminés ne concernaient pas nécessairement ses réseaux sociaux publics, laissant planer un flou sur la nature exacte des contenus en cause.

Malgré le caractère sérieux des accusations, l’avocate de Delcourt a jugé son interpellation inappropriée. « La garde à vue a été prolongée sans raison valable », a-t-elle commenté, ajoutant que l’infraction initialement retenue, « l’apologie du terrorisme », avait été requalifiée lors de son défèrement. Elle a également dénoncé la manière dont l’interpellation a été menée, affirmant que sa cliente avait été arrêtée « en descente d’avion » à l’aéroport d’Orly.

À l’issue de sa garde à vue, Manon Delcourt a été placée sous contrôle judiciaire, assortie d’une interdiction de manifester et d’utiliser son compte sur le réseau social X. Une convocation par procès-verbal a été remise à l’influenceuse en vue d’une audience qui se tiendra en mai 2027, laissant planer une incertitude sur son avenir professionnel et personnel.

Il convient de noter que Manon Delcourt n’est pas la seule influenceuse à avoir récemment croisé le fer avec la justice. D’autres figures du milieu, comme Rayan psn, ont également été ciblées par des accusations similaires, témoignant d’un climat de tension croissant entre les influenceurs et les autorités.

Alors que cette affaire continue de susciter l’intérêt des médias et du public, la question demeure : jusqu’où les influenceurs peuvent-ils s’exprimer librement sans craindre des conséquences juridiques ? La réponse à cette interrogation pourrait bien redéfinir les contours de la liberté d’expression sur les réseaux sociaux en France.