À l’approche du marathon de Paris 2026, une question fascinante se pose : comment le cerveau réagit-il lors de longues épreuves d’endurance ? Un récent travail du neuroscientifique Carlos Matute, qui est également marathonien, met en lumière un phénomène remarquable : lorsque les réserves de glucose s’épuisent, notre cerveau puise dans ses propres graisses.
EN BREF
- Le cerveau utilise la myéline comme source d’énergie lors des marathons.
- Cette adaptation est temporaire et réversible.
- Un sommeil de qualité et une bonne alimentation favorisent la récupération.
Le cerveau humain, bien qu’il ne représente que 2 % de notre poids corporel, consomme près de 20 % de notre énergie quotidienne. Lors d’un marathon, particulièrement après avoir franchi le fameux « mur des 30 kilomètres », les coureurs subissent une panne énergétique significative. Pour contrer cette fatigue, le système nerveux active une réponse métabolique surprenante.
En cas d’effort prolongé, les réserves de glycogène dans le foie et les muscles s’épuisent. Pour éviter une défaillance, le cerveau se tourne alors vers la myéline, cette gaine protectrice qui entoure les neurones et qui est composée à 70 % de graisses. Cette myéline devient alors un réservoir énergétique, permettant de maintenir les fonctions motrices et l’équilibre du corps.
Ce phénomène, spécifique aux efforts longs, ne concerne pas les coureurs de 10 kilomètres ou de semi-marathon, dont l’intensité d’effort ne vide pas complètement les réserves de glucose. Des études par imagerie par résonance magnétique (IRM) ont révélé une diminution de la fraction d’eau myélinique chez les sportifs avant et après une course, indiquant une consommation ciblée de graisses cérébrales.
Les chercheurs ont observé un amincissement de la myéline dans douze régions clés du cerveau, incluant le cortex moteur et le corps calleux, qui sont cruciaux pour la coordination et la communication entre les hémisphères cérébraux. Cette dégradation temporaire constitue une stratégie d’adaptation efficace, permettant aux coureurs de rester conscients et coordonnés, même sous un stress énergétique intense.
Il est important de noter que cette perte de myéline n’affecte pas les capacités cognitives et est entièrement réversible. La reconstruction de la matière blanche commence dans les premiers jours suivant l’effort et peut revenir à son état initial en environ huit semaines. Ce cycle de nettoyage et de régénération est même bénéfique, stimulant la production de BDNF, une protéine qui favorise la création de nouveaux neurones.
Pour optimiser la récupération après une telle épreuve, il est conseillé aux athlètes de veiller à un sommeil de qualité et de consommer une alimentation riche en bons lipides, comme les oméga-3. De plus, durant l’effort, la libération d’endorphines et d’endocannabinoïdes, souvent décrite comme l’ivresse du coureur, joue un rôle protecteur pour le système nerveux face à la douleur et à l’anxiété, facilitant ainsi cette transition énergétique impressionnante.
En somme, la capacité du cerveau à mobiliser ses propres ressources lors d’épreuves d’endurance comme le marathon de Paris 2026 est un exemple étonnant d’adaptation métabolique. Cela souligne l’importance de la préparation physique et mentale pour aborder de tels défis sportifs.