Marc de café : un atout pour certaines plantes, un danger pour d’autres

Dans de nombreux foyers, le marc de café usagé trouve sa place au pied des plantes, une pratique qui semble à la fois pratique et écologique. Pourtant, cette habitude pourrait avoir des conséquences variées selon les espèces végétales. Les experts mettent en garde contre un usage trop généralisé du marc comme engrais.

EN BREF

  • Le marc de café peut bénéficier certaines plantes acidophiles.
  • Son utilisation excessive peut nuire aux racines et ralentir la croissance.
  • Un dosage prudent et une bonne aération sont essentiels pour éviter les problèmes.

Considéré comme un déchet organique, le marc de café contient environ 2 % d’azote, un peu de phosphore et près de 0,6 % de potassium, ce qui en fait une ressource potentiellement intéressante pour le jardinage. L’Agence de la transition écologique (ADEME) le classe parmi les déchets alimentaires à composter, soulignant ainsi son potentiel en tant que matière organique. Cependant, les spécialistes de l’Oregon State University Extension précisent que son rôle se limite principalement à améliorer la structure du sol et le drainage plutôt qu’à servir d’engrais complet.

Un point souvent mal compris concerne le pH du marc de café. Mesuré à l’état pur, il affiche un pH entre 5 et 6, ce qui le rend légèrement acide. Cependant, une fois le café infusé, le pH du résidu devient plus neutre, avoisinant 6,5 à 6,8. Par conséquent, l’idée selon laquelle le marc pourrait transformer un sol neutre en terre de bruyère est erronée. En outre, la décomposition du marc peut entraîner une absorption temporaire de l’azote par les micro-organismes, ce qui peut freiner la croissance de certaines plantes.

Les plantes qui en profitent

Les plantes acidophiles, telles que les hortensias, les azalées, les camélias et les rhododendrons, peuvent bénéficier du marc de café. Ces espèces préfèrent un sol légèrement acide et riche en matière organique. Un apport modéré, bien mélangé au terreau ou intégré dans le paillage, peut leur être favorable. Cela dit, cet apport doit s’inscrire dans une fertilisation globale, et non être considéré comme un engrais à lui seul.

Les risques d’une utilisation inappropriée

En revanche, l’utilisation du marc de café peut se révéler problématique pour les semis, les jeunes pousses et les plantes en pot. Lorsqu’il est appliqué en couches épaisses et non mélangé, le marc peut créer une croûte compacte qui bloque l’infiltration de l’eau et de l’air. Cela peut entraîner une asphyxie des racines, un problème particulièrement critique pour les plantes en bac et les orchidées, qui nécessitent un substrat aéré. Les particules fines du marc peuvent obstruer les poches d’air, favorisant ainsi l’humidité excessive, la pourriture et l’apparition de moisissures.

Une étude de l’Oregon State University Extension a révélé que l’incorporation de marc frais dans le sol pouvait réduire la croissance de plusieurs légumes, y compris le brocoli, le poireau et le radis. Face à ces risques, les organismes de référence conseillent un usage mesuré du marc de café dans le jardin.

Conseils pour une utilisation optimale

L’ADEME recommande d’orienter le marc de café vers le compost, où il peut être considéré comme une « matière verte ». Il est conseillé de ne pas dépasser 20 % du volume total du compost, bien que certains experts recommandent un maximum de 10 à 12 % pour éviter des déséquilibres. Pour une utilisation directe, il est préférable de laisser sécher le marc, de l’appliquer en fine couche et de le mélanger légèrement à la surface du sol, en évitant tout contact avec les semis et les racines.

Si une croûte se forme, il est possible de la casser avec un petit outil et d’aérer le substrat. Pour les orchidées, il est conseillé de retirer tout résidu de marc et de rempoter dans des écorces propres, en utilisant un engrais spécifique à faible dose. Des signes tels que l’humidité persistante du substrat après arrosage, le jaunissement des feuilles ou l’apparition de moisissures doivent inciter à reconsidérer l’apport de marc.

En définitive, le marc de café peut être un allié pour certaines plantes, mais son utilisation doit être soigneusement dosée et adaptée aux besoins spécifiques de chaque espèce.