Marche à Lyon : 3 200 participants rendent hommage à Quentin Deranque, militant décédé

Le samedi 21 février, Lyon a été le théâtre d’une marche en hommage à Quentin Deranque, un militant d’extrême droite, tué lors d’une rixe. Cet événement a rassemblé environ 3 200 personnes, selon la préfecture de police, une semaine après sa mort survenue le 14 février.

EN BREF

  • Quentin Deranque a été tué à 23 ans lors d’une rixe entre militants.
  • La marche a été organisée par Aliette Espieux, militante anti-IVG.
  • Des slogans controversés ont été scandés malgré les consignes des organisateurs.

Quentin Deranque, âgé de 23 ans, a perdu la vie après avoir été roué de coups lors d’une altercation entre militants identitaires et antifascistes, qui s’est déroulée à proximité de Sciences Po Lyon. Ce rassemblement a été organisé en son honneur par la militante Aliette Espieux, une figure bien connue de l’extrême droite. Le décès de Deranque a suscité de vives réactions et des inquiétudes concernant un éventuel débordement pendant la marche.

Malgré les craintes émises par le maire de Lyon, Grégory Doucet, ainsi que par d’autres responsables politiques, le ministre de l’Intérieur et la préfecture du Rhône ont décidé de laisser le rassemblement se tenir. Les parents de Quentin, cependant, ont choisi de ne pas y participer. Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a également déconseillé aux membres de son parti de s’y rendre.

Le cortège a démarré à 15 heures de la place Jean Jaurès, avec des banderoles affichant des messages tels que “l’extrême gauche tue” et “justice pour Quentin”. Les manifestants ont scandé des slogans provocateurs, dont “Antifas assassins” et “LFI complice”. Les organisateurs avaient cependant mis en place des consignes strictes interdisant les slogans violents et les signes distinctifs d’appartenance politique, consignes qui ont été largement ignorées par certains participants.

La préfète du Rhône, Fabienne Buccio, a signalé avoir alerté la justice à plusieurs reprises pour des propos racistes tenus durant la marche, ainsi que pour des saluts nazis. Parmi les participants figuraient des membres du collectif d’extrême droite Nemesis et du syndicat étudiant La Cocarde, ainsi que des figures politiques comme le sénateur du Rhône, Étienne Blanc. Ce dernier a exprimé son soutien à Deranque, le qualifiant de “catholique pratiquant” et de “nationaliste” dont la mort soulève des questions sur la sécurité des militants.

La marche s’est dispersée vers 18 heures sans incidents notables, bien qu’une interpellation ait eu lieu à la fin du cortège pour port d’arme. Cet hommage, bien que controversé, a mis en lumière les tensions croissantes entre différentes factions politiques et la complexité des débats autour de la liberté d’expression et de la violence politique en France.