Le mois de mars s’annonce crucial pour près d’un million de foyers abonnés au tarif Tempo d’EDF. Avec treize jours rouges encore à activer, les consommateurs se préparent à une augmentation potentielle de leur facture d’électricité. Alors que la saison Tempo 2025-2026 touche à sa fin, les comportements de consommation et les conditions climatiques seront déterminants pour le déclenchement de ces jours rouges.
EN BREF
- Treize jours rouges Tempo à venir en mars 2026.
- Les factures pourraient augmenter de 50 à 150 € sur une journée mal gérée.
- La production électrique reste excédentaire, ce qui complique le déclenchement des jours rouges.
Depuis le 1er novembre 2025, seuls neuf jours rouges ont été déclarés sur les vingt-deux prévus pour la saison. Cela signifie qu’il reste encore treize jours à placer avant la fin de mars, ce qui permet théoriquement des séquences consécutives de jours rouges. Cependant, la question demeure : le système électrique français a-t-il réellement besoin d’utiliser tout ce stock ?
Le tarif Tempo repose sur un calendrier de 300 jours bleus, 43 jours blancs et 22 jours rouges, s’étalant du 1er septembre au 31 août. Les jours rouges peuvent être déclenchés uniquement entre le 1er novembre et le 31 mars, ne tombant jamais le week-end. Les heures pleines, où les tarifs sont les plus élevés, s’étendent de 6 h à 22 h, tandis que les heures creuses couvrent la nuit. Le coût d’un kilowattheure en rouge peut atteindre 0,75 €, alors qu’il est de 0,16 € en jour bleu. Cela peut entraîner une hausse significative de la facture pour un logement entièrement électrique.
Durant l’hiver 2025-2026, le calendrier a été plutôt clément, avec aucun jour rouge en novembre, deux en décembre, six en janvier et un seul en février. À ce jour, le site d’EDF indique qu’il reste encore treize jours rouges pour la saison, et mars compte précisément vingt-deux jours de semaine éligibles pour le déclenchement. Cela laisse la possibilité d’un mois chargé en jours rouges Tempo.
Il est important de noter que la décision d’activation des jours rouges ne relève pas d’EDF, mais du gestionnaire du réseau de transport d’électricité, RTE. Les ingénieurs surveillent quotidiennement la consommation nette du pays, c’est-à-dire la demande totale moins la production d’électricité renouvelable. Cette valeur est comparée à deux seuils qui varient en fonction de la période de l’année et du nombre de jours rouges déjà utilisés. Si la consommation dépasse un premier seuil, la journée peut passer au statut blanc ou rouge. Un dépassement d’un second seuil entraîne une activation du rouge pour encourager les consommateurs à réduire leur usage durant les pics de consommation.
En fin de saison, RTE prévoit un contrôle de l’utilisation des jours rouges. Si trop de jours restent disponibles, l’algorithme peut en activer même si la tension sur le réseau n’est pas critique. Ce mécanisme a déjà été mis en œuvre : lors de la saison 2019-2020, la Commission de régulation de l’énergie avait demandé à RTE de limiter l’activation des jours rouges en raison d’une chute de consommation due au confinement. Cela avait entraîné une restriction à seulement dix-huit jours rouges au lieu des vingt-deux prévus.
Actuellement, la situation du réseau électrique français penche plutôt vers une moindre activation des jours rouges. La production nucléaire est soutenue, et l’ensoleillement est favorable, ce qui a conduit à un excédent d’électricité. Sur le marché de gros, les prix de l’électricité tombent même parfois à zéro euro le MWh, créant un paradoxe où demander aux abonnés Tempo de réduire leur consommation pourrait aggraver le déséquilibre du réseau.
Le risque d’une « avalanche » de jours rouges n’est toutefois pas à écarter. Plusieurs scénarios pourraient entraîner une activation prématurée avant la fin de l’hiver. Les abonnés Tempo doivent donc rester vigilants et attentifs à l’évolution des prévisions de consommation.