Icône du théâtre de boulevard, Maria Pacôme aurait célébré ses 103 ans le 18 juillet dernier. Malheureusement, elle s’est éteinte à l’âge de 95 ans, le 1er décembre 2018. Ses derniers mois, marqués par un combat acharné contre un cancer de l’amygdale, ont été difficiles. Son fils, François Pacôme, a partagé des souvenirs poignants lors d’une récente interview, révélant les désirs de sa mère face à la maladie.
EN BREF
- Maria Pacôme a lutté contre un cancer de l’amygdale avant son décès.
- Son fils François raconte son ultime demande pour un suicide assisté.
- Les obsèques de la comédienne ont été marquées par l’absence de nombreuses personnalités.
Les derniers mois de la vie de Maria Pacôme ont été un véritable chemin de croix. François Pacôme a évoqué la souffrance de sa mère, qui espérait un soutien médical dans ses moments les plus critiques. Au micro de RTL, il a partagé : « C’était long, douloureux et pas chic. Une chose à partager. Il faut une vraie réflexion sur la fin de vie assistée, parce que là, on est très loin de la dignité et de l’humanité. » Ces mots résonnent comme un appel à une meilleure prise en charge des patients en fin de vie.
En décembre 2024, François a détaillé le désespoir de sa mère face à la législation française sur l’euthanasie. Dans un moment de vulnérabilité, elle lui a demandé de l’aider à faire les démarches pour un suicide assisté en Suisse. « Quand les choses sont devenues vraiment compliquées, elle m’a demandé de faire les démarches pour ce que l’on appelle mochement le suicide assisté, en Suisse », a-t-il révélé. Hélas, ce projet n’a pu se concrétiser, et sa santé déclinante a rendu ces démarches impossibles.
Il a expliqué que la procédure pour obtenir une aide à mourir était complexe et coûteuse : « C’est trois mois avant de monter le dossier. C’est 10.000 euros si on veut mourir dans la dignité. » Maria Pacôme a donc dû faire face à son état critique sans pouvoir accéder à la fin de vie qu’elle souhaitait.
La mort de Maria Pacôme a suscité une vague d’émotion dans le milieu artistique. Bien que de nombreux hommages aient afflué sur les réseaux sociaux, la cérémonie en son honneur a été marquée par l’absence d’un grand nombre de ses collègues. Seuls quelques proches, dont Bernard Le Coq et Daniel Auteuil, ont pris le temps de lui rendre hommage au crématorium du cimetière du Père-Lachaise à Paris.
Cette situation a mis en lumière non seulement les défis auxquels Maria Pacôme a été confrontée durant sa maladie, mais aussi la solitude ressentie par de nombreux artistes en fin de carrière. Alors qu’elle avait connu un succès éclatant sur scène et à l’écran, elle avait choisi de se retirer, lassée des rôles répétitifs qui lui étaient proposés. « Si Paris et le métier m’ont oubliée, je peux vous assurer que mes admirateurs et mes spectateurs se souviennent bien de moi », avait-elle déclaré dans une interview en septembre 2016.
Ce témoignage poignant de François Pacôme souligne la nécessité de repenser les politiques autour de la fin de vie, afin de garantir une plus grande dignité aux personnes en phase terminale. Le parcours de Maria Pacôme, à la fois artistique et personnel, laisse une empreinte indélébile dans le cœur de ceux qui l’ont connue et admirée.