Marie-Christine Barrault, comédienne au franc-parler, n’a jamais été du genre à user de la langue de bois. Dans une interview accordée à Télé Star, elle a fait part de ses réflexions sur son rôle dans le téléfilm La Maman du bourreau, où elle interprète une mère dont la vie bascule lorsqu’elle apprend que son fils prêtre a commis des abus sur des enfants.
EN BREF
- Marie-Christine Barrault évoque son rôle intense dans La Maman du bourreau.
- Elle exprime sa colère face aux actes d’abus au sein de l’Église.
- La comédienne critique la figure de l’abbé Pierre, estimant qu’il est « en enfer pour toujours ».
Ce rôle l’a poussée à explorer des thématiques délicates telles que la foi, l’emprise, le silence et la culpabilité. « J’aime aller au fond des choses », a-t-elle déclaré, expliquant que cet aspect « extrême » de son personnage l’avait convaincue de participer à ce projet. L’entretien, bien que centré sur la fiction, a rapidement dérivé vers des considérations sur des figures réelles, notamment l’abbé Pierre, dont l’image s’est ternie à ses yeux.
Pour l’actrice, incarner cette mère croyante n’a pas été un exercice abstrait. Elle a rappelé son éducation chrétienne, et le choc émotionnel que représente une telle révélation pour une mère fière de son enfant devenu prêtre. « J’ai une formation chrétienne et je peux comprendre que la vie de cette femme, fière et heureuse de son enfant entré dans les ordres, s’écroule quand elle se rend compte qui il est », a-t-elle ajouté.
La colère de Marie-Christine Barrault ne s’est pas limitée à la fiction. Elle a exprimé son indignation face aux actes commis par certains membres de l’Église, citant spécifiquement l’abbé Pierre. Elle a partagé son expérience personnelle, ayant rencontré cette figure emblématique peu avant sa mort, un moment qui l’a profondément marquée. « Quand j’ai rencontré l’abbé Pierre, j’ai eu l’impression d’avoir vu le Christ », a-t-elle confié. Toutefois, sa perception a rapidement changé lorsque des accusations graves ont émergé.
En découvrant les actes reprochés à l’abbé Pierre, elle a avoué s’être « effondrée ». Sa douleur ne se limite pas à l’homme en question, mais s’étend à l’Église qui, selon elle, savait et n’a rien dit. « Maintenant, il est en enfer pour toujours », a-t-elle conclu avec une froideur glaçante, des mots qui résonnent d’un profond désenchantement et d’une colère légitime.
Dans cet entretien, Marie-Christine Barrault a également évoqué son rapport à sa carrière, sans obsession pour les récompenses. « Je ne suis pas une actrice à diplômes », a-t-elle rappelé, en mentionnant sa nomination aux Oscars pour son rôle dans Cousin, cousine en 1977. Malgré tout, sa passion pour le métier reste intacte. « Ma nature, c’est de pratiquer ce métier avec passion, une passion qui ne faiblit pas », a-t-elle affirmé, mettant en évidence son engagement envers son art.
À travers ses mots, Marie-Christine Barrault incarne une voix qui ose dénoncer ce que d’autres préfèrent garder sous silence, révélant ainsi les blessures profondes d’un passé douloureux et d’une foi mise à mal.