Marie-Thérèse Ross-Mahé, une Française de 86 ans, a récemment partagé son expérience traumatisante dans les centres de détention de l’ICE, révélant ainsi les conditions inhumaines qu’elle a subies. Son témoignage, publié dans le New York Times et Ouest France, appelle à la fermeture de ces établissements qu’elle compare à des prisons du passé.
EN BREF
- Marie-Thérèse Ross-Mahé a été détenue 17 jours par l’ICE aux États-Unis.
- Elle dénonce des conditions de vie inhumaines et des traitements dégradants.
- Son témoignage appelle à la fermeture des centres de détention pour migrants.
Arrêtée à son domicile en Alabama le 1er avril, Marie-Thérèse Ross-Mahé a été menottée et placée dans une cellule minuscule, alors qu’elle clamait son statut légal. Entrée aux États-Unis avec un visa de tourisme, elle a vu son séjour prolongé, ce qui a conduit à son arrestation. Bien qu’elle ait été libérée le 18 avril et soit rentrée en France, son expérience l’a profondément marquée.
Dans un premier temps, elle a été incarcérée dans une prison de Birmingham, où l’espace était tellement restreint qu’elle partageait une cellule avec quatorze autres détenues. Par la suite, elle a été transférée dans un centre de détention à Basile, en Louisiane, où elle a passé une quinzaine de jours. Marie-Thérèse décrit un environnement de détresse, marqué par des cris incessants et des conditions sanitaires déplorables, agrémentées d’une « odeur d’excréments ». Elle a également souffert d’une crise aiguë de sciatique, sans recevoir de soins adéquats.
Son témoignage est accablant. « Les arrestations arbitraires, les chaînes au pied, les appels en pleine nuit, la tenue orange pour nous les migrants, tout ça me rappelle le temps du nazisme », déclare-t-elle, évoquant la déshumanisation des personnes détenues. Elle insiste sur son désir d’être la voix de ses codétenues, affirmant : « Je vais parler de vous pour que les gens sachent ce que vous vivez ».
Surpris par la brutalité des conditions, Marie-Thérèse, ancienne partisane de Donald Trump, avoue qu’elle ne pensait pas qu’un tel traitement existait envers les migrants. Elle a engagé un avocat pour demander une résidence permanente aux États-Unis, en tant qu’épouse d’un ancien combattant.
Les autorités américaines ont justifié son arrestation en affirmant qu’elle avait dépassé la durée de son visa. Le département de la Sécurité intérieure a également défendu les conditions de détention, affirmant que l’ICE applique des normes plus strictes que celles de nombreuses prisons pour citoyens américains. Cependant, Marie-Thérèse Ross-Mahé et d’autres anciens détenus témoignent d’une réalité bien différente.
Ce témoignage poignant met en lumière les abus systémiques dans les centres de détention pour migrants, exacerbés par des politiques d’immigration strictes. Alors que les critiques s’accumulent contre l’ICE, la voix de Marie-Thérèse Ross-Mahé résonne comme un appel à la prise de conscience et à l’action en faveur des droits des migrants.