Marilyn Monroe : de la star hyper-sexualisée à l’icône féministe à la Cinémathèque

À l’occasion du centenaire de sa naissance, l’exposition « Marilyn Monroe : 100 ans ! » à la Cinémathèque de Paris redéfinit la perception de l’actrice américaine. Longtemps perçue comme une simple image de glamour et de beauté, Marilyn Monroe est désormais reconnue comme une pionnière du féminisme, ayant défié les normes de l’industrie cinématographique de son époque.

EN BREF

  • Une exposition à la Cinémathèque de Paris redéfinit l’image de Marilyn Monroe.
  • Monroe, figure emblématique, est vue comme une icône féministe ayant défié Hollywood.
  • Des documents inédits montrent ses luttes contre les abus et la discrimination.

La Cinémathèque française, à travers cette rétrospective, invite le public à dépasser les clichés qui ont longtemps entouré Marilyn Monroe. Florence Tissot, la commissaire de l’exposition, souligne l’importance de se distancier des récits anecdotique et sensationnaliste qui ont trop souvent dominé les discours sur la star. « Il faut faire un pas de côté par rapport aux légendes qui l’entourent », explique-t-elle.

Marilyn Monroe, de son vrai nom Norma Jeane Baker, a commencé sa carrière à la fin des années 1940, gravissant rapidement les échelons de la célébrité avec des films marquants comme « Niagara » et « Sept ans de réflexion ». Ces succès l’ont propulsée au rang des plus grandes stars, mais derrière cette image de sex-symbol se cachait une femme aux ambitions artistiques bien plus profondes.

À la Cinémathèque, les visiteurs peuvent découvrir des photos, des extraits de films, des robes emblématiques et d’autres artefacts qui ont contribué à forger sa légende. L’exposition met en lumière une facette moins connue de Monroe, une femme qui, malgré le conformisme de l’époque, a cherché à s’affirmer dans un milieu dominé par les hommes.

En créant sa propre société de production et en prenant des cours à l’Actors Studio, Monroe a tenté de s’émanciper des rôles stéréotypés que lui proposait la Fox. Elle a également pris des décisions audacieuses, comme refuser de participer à des projets qu’elle jugeait indignes, affichant ainsi une volonté de ne pas se soumettre aux normes imposées par l’industrie.

Dans les années 1950, alors que les mouvements féministes commençaient à émerger, Monroe avait déjà commencé à dénoncer les abus de pouvoir à Hollywood. Dans un article de 1953, elle évoquait la prédation sexuelle qu’elle avait subie, se positionnant ainsi comme une précurseure du mouvement #MeToo. « Je veux dire que ce serait un monde très fade s’il n’y avait aucun loup, mais une fille doit savoir comment les gérer », écrivait-elle.

Son image de femme glamour et désirable a souvent masqué des réalités plus sombres, notamment son ascension marquée par des abus et des manipulations. Le lancement du premier numéro de Playboy en 1953, qui affichait des photos de Monroe sans son accord, illustre bien cette exploitation.

Florence Tissot conclut en soulignant que la dualité de Marilyn Monroe, à la fois symbole de beauté et figure de résistance, la place aujourd’hui au cœur des discussions sur le féminisme et la lutte contre les abus. « Elle est souvent regardée depuis l’affaire Weinstein comme une icône féministe qui a dénoncé les abus à Hollywood avant tout le monde », affirme-t-elle.

Cette exposition à la Cinémathèque de Paris, qui se poursuivra en Espagne l’année prochaine, constitue une occasion précieuse de redécouvrir Marilyn Monroe sous un jour nouveau, en rendant hommage à son héritage complexe et à son impact sur la société.