Mercredi soir, Marine Le Pen, cheffe de file du Rassemblement national (RN), a fermement rejetĂ© la proposition de la ministre Aurore BergĂ©, qui suggĂ©rait de retirer des candidats RN des Ă©lections municipales afin d’empĂȘcher LFI (La France insoumise) de remporter certaines villes. Cette annonce a Ă©tĂ© faite lors d’un entretien accordĂ© Ă BFMTV, oĂč elle a exprimĂ© son opposition Ă toute forme de dĂ©sistement.
EN BREF
- Marine Le Pen refuse de retirer des candidats RN pour contrer LFI aux municipales.
- Aurore Bergé avait proposé le retrait pour éviter des victoires de LFI.
- Le RN se distancie des groupuscules dâultradroite, affirmant leur indĂ©pendance.
Dans ses dĂ©clarations, Marine Le Pen a soulignĂ© que le retrait des listes serait une violation de la confiance des Ă©lecteurs qui ont votĂ© pour le RN. Elle a insistĂ© sur le fait qu’il est crucial de respecter le choix du premier tour des Ă©lecteurs. En rĂ©ponse Ă Aurore BergĂ©, elle a conseillĂ© Ă la ministre de « garder ses bonnes idĂ©es pour son propre mouvement politique ».
Cette controverse survient alors que la proposition de BergĂ© avait Ă©tĂ© prĂ©cĂ©demment contestĂ©e par Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, qui avait prĂ©cisĂ© que la ministre ne demandait rien au RN. BergĂ© avait exprimĂ© son souhait que le RN se retire dans les villes oĂč LFI pourrait avoir une chance de l’emporter, ce qui a provoquĂ© une rĂ©action immĂ©diate de Le Pen.
Marine Le Pen a Ă©galement profitĂ© de l’occasion pour critiquer le leader insoumis Jean-Luc MĂ©lenchon, l’accusant de pousser Ă l’hystĂ©risation du dĂ©bat politique. Elle a fait rĂ©fĂ©rence Ă la mort tragique de Quentin Deranque, un militant identitaire, dont elle a attribuĂ© une part de responsabilitĂ© aux discours de MĂ©lenchon. Elle a affirmĂ© que les propos de ce dernier lĂ©gitiment la violence et contribuent Ă un climat d’intimidation.
Dans le cadre de ses remarques, Le Pen a mentionné que depuis un certain temps, Mélenchon oscille entre une stratégie de pacification et une stratégie du pire, choisissant cette derniÚre. Elle a ajouté que, selon le point de vue de La France insoumise, toute opinion située à droite de leur ligne politique serait considérée comme fasciste.
ParallĂšlement, un incident a rĂ©cemment terni l’image du RN : Lisette Pollet, dĂ©putĂ©e RN, a annoncĂ© le licenciement d’un de ses assistants, Vincent Claudin, suite Ă la publication de messages Ă caractĂšre raciste, homophobe et antisĂ©mite sur des rĂ©seaux sociaux. Claudin Ă©tait Ă©galement liĂ© Ă un groupuscule d’ultradroite, un fait qui a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ© par Mediapart.
Concernant son avenir politique, Marine Le Pen a rĂ©affirmĂ© quâelle ne se prĂ©sentera pas Ă la prochaine Ă©lection prĂ©sidentielle si elle se voit contrainte de porter un bracelet Ă©lectronique. Elle a Ă©tĂ© condamnĂ©e en premiĂšre instance Ă deux ans de port de bracelet et cinq ans dâinĂ©ligibilitĂ©. Le 7 juillet prochain, elle sera fixĂ©e sur son sort par la cour dâappel de Paris.
Dans l’hypothĂšse oĂč elle ne pourrait pas se porter candidate, Le Pen a assurĂ© qu’elle ne jouerait pas un rĂŽle de tutelle auprĂšs de Jordan Bardella, actuel prĂ©sident du RN, en cas de victoire de ce dernier. Elle a soulignĂ© que Bardella est un homme libre, capable de prendre ses propres dĂ©cisions, et qu’elle ne serait pas impliquĂ©e dans son gouvernement si celui-ci Ă©tait Ă©lu en 2027.
Avec ces dĂ©clarations, Marine Le Pen continue de tracer une ligne claire entre le RN et d’autres mouvements politiques, tout en se prĂ©parant pour un avenir incertain. Sa position ferme sur les candidatures aux municipales tĂ©moigne de sa volontĂ© de maintenir le cap, malgrĂ© les pressions extĂ©rieures.