Le 5 mai 2026, la cheffe des Écologistes, Marine Tondelier, a vivement critiqué Patrick Pouyanné, le PDG de TotalEnergies, l’accusant d’exercer un « odieux chantage ». Dans une intervention sur TF1, elle a dénoncé les menaces de l’entrepreneur de mettre fin à son plafonnement des prix des carburants si une taxe sur les « superprofits » de l’entreprise était instaurée.
EN BREF
- Marine Tondelier accuse Patrick Pouyanné de chantage en matière de prix des carburants.
- Elle critique les « superprofits » de TotalEnergies, atteignant 4,96 milliards d’euros au premier trimestre.
- La leader écologiste propose une « nuit du 4 août climatique » pour abolir les privilèges fiscaux des riches.
Marine Tondelier n’a pas mâché ses mots, affirmant que Patrick Pouyanné se prend pour un héros national, alors qu’il profite de la situation actuelle pour augmenter ses bénéfices. Selon elle, le plafonnement des prix à 1,99 euros instauré par TotalEnergies depuis 2023 est une manœuvre destinée à détourner l’attention des véritables enjeux économiques et environnementaux.
Elle a mis en lumière le fait que le groupe pétrolier a enregistré un bénéfice exceptionnel de 4,96 milliards d’euros au premier trimestre, soit une augmentation de 51 % par rapport à l’année précédente. « Ce n’est pas un saint homme, c’est un profiteur de crise », a-t-elle déclaré, soulignant que ces gains ne devraient pas être réalisés au détriment des consommateurs.
En outre, elle a critiqué l’impact de la domination de TotalEnergies sur le marché français, soulignant que l’entreprise représente un tiers des stations-service dans le pays. « Quand il dit cela, tout le monde se rend chez Total plutôt que chez les concurrents, ce qui constitue une concurrence déloyale », a-t-elle ajouté.
La critique de Tondelier s’est également étendue aux conséquences économiques de la guerre en Iran, qu’elle a mentionnée en se questionnant sur le prix réel du carburant vendu depuis le début du conflit. Elle a mis en avant que les augmentations de prix observées ne sont pas justifiées par les coûts d’achat réels.
Dans le cadre de ses propositions politiques, Marine Tondelier a évoqué sa volonté d’instaurer une « nuit du 4 août climatique », en référence à la nuit du 4 août 1789 où les privilèges de la noblesse ont été abolis. Elle a exprimé son désir de mettre fin à une situation qu’elle juge injuste, où les plus riches polluent davantage tout en payant moins d’impôts proportionnellement à leurs revenus.
Sur les réseaux sociaux, elle a renforcé ses propos en affirmant qu’il est indéfendable que les 1 % des plus riches paient moins d’impôts que la majorité des Français, tout en étant responsables d’une pollution accrue. « Il faut une réforme pour mettre fin à cette situation intenable », a-t-elle déclaré, précisant que ce sujet sera au cœur de sa campagne.
Les critiques à l’égard de Patrick Pouyanné ne se limitent pas à Marine Tondelier. Olivier Faure, le patron du Parti Socialiste, l’a également qualifié de « profiteur de crise », en appelant le gouvernement à ne pas céder au chantage exercé par TotalEnergies. En revanche, Gabriel Attal, ancien Premier ministre et membre de Renaissance, a défendu la position de l’entreprise, arguant que les Français préfèrent bénéficier d’un plafonnement des prix plutôt que de voir les prix des carburants augmenter.
Le débat autour des prix des carburants et des « superprofits » de TotalEnergies s’intensifie, avec des opinions divergentes sur la manière de répondre aux préoccupations économiques et environnementales actuelles. À l’approche des élections, ces questions sont appelées à jouer un rôle central dans les discussions politiques.