Dans un entretien accordé à Paris Match, Marlène Schiappa, ancienne secrétaire d’État et actuelle conseillère de Paris, a partagé son avis sur le « plan d’action » contre les violences dans le périscolaire récemment annoncé par le nouveau maire, Emmanuel Grégoire. Elle exprime des préoccupations concernant l’efficacité des mesures proposées et insiste sur la nécessité d’une action plus décisive face à la pédocriminalité.
EN BREF
- Marlène Schiappa critique le plan d’Emmanuel Grégoire contre la pédocriminalité.
- Elle a personnellement changé d’école pour protéger sa fille.
- Elle appelle à des mesures radicales pour garantir la sécurité des enfants.
« Je ne l’ai jamais dit publiquement mais, comme beaucoup de parents, j’ai été confrontée à des problèmes de mise en danger des enfants au périscolaire », déclare-t-elle. Schiappa évoque son expérience personnelle, révélant qu’elle a dû changer sa fille d’école pour sa sécurité. En tant que mère de trois enfants, elle souligne l’importance de protéger les plus vulnérables.
Concernant le plan du maire, elle le juge insuffisant. « Les mesures sont trop légères », affirme-t-elle, en soulignant que les propositions n’ont même pas été débattues en commissions avant leur annonce. Elle critique le fait que les journalistes aient eu connaissance des actions avant les élus, remettant en question la volonté de collaboration affichée par le maire. « Le dispositif de signalement est trop erratique », ajoute-t-elle, plaidant pour une rupture avec l’omerta qui entoure ces problématiques.
Pour Schiappa, il est impératif de confier un audit à un expert indépendant et de retirer de leurs fonctions les animateurs soupçonnés d’abus. « On ne joue pas à la roulette russe avec nos enfants ! » s’exclame-t-elle, appelant à une réaction forte et immédiate.
Un retard à combler
Interrogée sur le retard pris par les autorités pour s’attaquer à ces questions, Schiappa rappelle les efforts qu’elle a déployés en tant que ministre. En 2018, elle avait prolongé les délais de prescription pour les violences sexuelles sur mineurs, une mesure qui n’avait pas fait l’unanimité. Elle se réjouit néanmoins du travail des collectifs de parents qui ont œuvré pour sensibiliser la mairie de Paris à ces enjeux.
« Il faut que la sécurité des enfants soit une priorité », insiste-t-elle, ajoutant que cela nécessite une méthode rigoureuse et une volonté de collaboration, y compris avec l’opposition. « Je ne supporterais pas que rien n’ait avancé d’ici l’entrée de mon fils à l’école maternelle dans deux ans et demi », déclare-t-elle.
Des élections à analyser
Schiappa se penche également sur les récentes élections municipales, indiquant qu’elle souhaitait un changement mais que la démocratie impose d’accepter les résultats. « La campagne a été trop centrée sur les individus plutôt que sur les idées », déplore-t-elle, tout en appelant à une réflexion collective sur les responsabilités politiques.
À l’approche de la présidentielle de 2027, elle avertit que le débat ne doit pas se réduire à un affrontement entre personnalités. « La vision doit précéder la tactique », souligne-t-elle, appelant tous les acteurs politiques à clarifier leurs propositions au lieu de se concentrer sur des affrontements personnels.
Enfin, sur un plan plus personnel, Marlène Schiappa évoque sa maternité et son engagement politique. Elle exprime son souhait de concilier les deux, affirmant que sa famille est sa priorité. « La maternité est la grande aventure de ma vie », conclut-elle, soulignant l’importance de ses expériences personnelles dans son engagement public.
En somme, Marlène Schiappa se positionne comme une voix forte en faveur de la protection des enfants, exigeant des actions concrètes et efficaces de la part des autorités. Son appel à ne pas transiger sur la sécurité des plus jeunes résonne comme un cri d’alarme face à une problématique des plus pressantes.